10 juin 2026

KANAKY : LE 28 JUIN, UNE ÉCHÉANCE IMPORTANTE

Le FLNKS en campagne

En Kanaky, avec l'approche des élections provinciales plusieurs fois reportées, la bataille politique au sein des institutions se clarifie.

Ces élections sont capitales parce qu’elles déterminent directement en un seul vote la composition des trois assemblées provinciales et du Congrès (le parlement local), et indirectement celle du gouvernement de la collectivité. La province Sud, où se concentrent les 2/3 de la population (dont une majorité de non-Kanaks), avec des inégalités de plus en plus flagrantes, élit la majorité absolue des conseiller-ères.

Dans cette province, l’essentiel de la droite et du centre-droit a réussi à s’unir derrière la présidente sortante (et ancien membre du gouvernement Borne), Sonia Backès. Sans surprise, iels mettent l’accent sur le renforcement de « l’autorité de l’État » français (et donc du statu quo colonial) et l’aide au patronat local.

Le FLNKS, indépendantiste, présente une liste large d’unité nommée Kanaky pour Tous, avec, autour de l’Union Calédonienne, des dissidents du mouvement autonomiste Palika, des représentant-es de la communauté originaire de Wallis et Futuna, le Parti Travailliste (proche du syndicat indépendantiste l’USTKE) et la CCAT (Cellule de Coordination des Actions de Terrain), le collectif que le gouvernement français et la droite locale accusent d’avoir planifié et organisé le mouvement « insurrectionnel » et « mafieux » de 2024. Le programme, outre la question de l’indépendance, est largement axé sur les préoccupations quotidiennes de la population (santé, logement, transports, vie chère, jeunesse, condition féminine …).

Si ce choix paraît clair, le résultat sera impacté par la présence de listes – il y en a 24 en tout dont 12 dans le Sud – centristes, autonomistes (favorables à une forme de « semi-indépendance » qui protégerait les intérêts de l’impérialisme français), communautaristes et dissidentes. Une tête de liste revendique son appartenance au RN.

Enfin, il est difficile de mesurer les conséquences du non-lieu prononcé en faveur des militant-es indépendantistes poursuivi-es et détenu-es dans des prisons françaises après les événements de mai 2024. Une décision encourageante qui a donné raison aux arguments de la défense mais qui n’est pas acceptée par les anti-indépendantistes – ni par le parquet, qui a fait appel.

L’issue donc reste incertaine, avec des rapports de force qui sont loin d’être favorables à ceux et celles qui luttent pour la souveraineté de leur pays. Contre la volonté de l’État français de maintenir son hégémonie, nous défendons le droit inaliénable à l’autodétermination du peuple kanak, tout comme celui des autres peuples dominés

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