25 juin 2026

Féminisme, antiracisme, antifascisme : mêmes combats

Intervention d'une camarade lors de la dernière AG du Réseau, le 6 juin 2026
Paris, le 1er mai 2026
Le masculinisme révèle la cohérence idéologique entre sexisme, racisme et fascisme. Ces oppressions ne sont pas des problèmes isolés, mais les facettes d’un même projet de domination. Né dans les années 1980–90 en réaction aux avancées féministes, le masculinisme inverse la perspective : il présente les hommes comme victimes du féminisme et des politiques d’égalité, niant les inégalités réelles (salariales, domestiques, sexuelles). Structuré autour d’une haine des femmes, il s’organise en ligne via la manosphère (incels, MGTOW, pickup artists, etc.), unis par leur rejet du féminisme. (1)
Ce mouvement n’est pas marginal : des figures comme Andrew Tate (mis en examen pour traite d’êtres humains) cumulent des millions d’abonnés. En France, Soral et Zemmour ont popularisé ce discours dès les années 2000, mêlant antiféminisme, homophobie et xénophobie. Les racines du masculinisme sont ancrées dans l’extrême droite. Le masculinisme révèle qu’antiféminisme, racisme et fascisme procèdent d’une même vision du monde  : 
● Essentialisme hiérarchique : croyance en des hiérarchies naturelles entre les êtres humains , l’égalité étant perçue comme une menace.  
● Femmes gardiennes de l’identité nationale : défense d’un ordre traditionnel, où femmes et minorités menacent la structure familiale et nationale. 
● Théorie du « Grand Remplacement » : désignation des femmes, migrant·es ou minorités comme responsables d’un déclin imaginaire. 
● Alliances militantes : porosité entre masculinistes et extrémistes, notamment en ligne, où les discours se radicalisent mutuellement. Le masculinisme sert de levier de recrutement pour l’extrême droite, ciblant les jeunes hommes vulnérables. Après quelques jours dans ces espaces, les utilisateurs sont exposés à des contenus violents, néofascistes, glorifiant dictateurs ou tueurs en série. En juillet 2025, un projet d’attentat masculiniste (lié aux incels) a été déjoué. Sur le plan électoral, un fossé se creuse : les hommes de moins de 30 ans votent davantage à l’extrême droite, tandis que les jeunes femmes affichent une sensibilité progressiste. Les partis d’extrême droite en ont conscience et l’exploitent. Sexisme, racisme et fascisme partagent une racine commune : la volonté de domination et le rejet de l’égalité. Lutter contre le masculinisme, c’est refuser de laisser le terrain libre à l’extrême droite.

Note
(1) La manosphère est la sphère masculiniste. Les incels se disent victimes du célibat involontaire. MGTOW signifie en anglais Men Going Their Own Way. Les pick-up artists sont les artistes de la drague.

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