Face à cela que fait la gauche ?
LFI a lancé sa campagne à Saint-Denis devant plusieurs dizaines de milliers de personnes et de militant·es « monté·es » pour l’occasion à Paris. Ce lancement est une réussite et montre qu’une partie importante de la jeunesse et des couches populaires aspire à sortir des politiques qui sont menées depuis presque 50 ans, pour mieux vivre et construire une société désirable.
Mais une démonstration de force réussie, si elle donne de l’espoir, ne dit rien des rapports de force réels, sociaux et politiques, dans le pays. Et derrière la radicalité apparente des mots d’ordre, la personnalisation, la logique purement électoraliste, le pari de la dispersion à gauche et à droite pour accéder au second tour de la Présidentielle sont-ils suffisants et de nature à mobiliser la société pour un changement d’horizon ?
Le PS hésite entre une candidature social libérale – et la personne qui pourrait l’incarner – et un profil plus unitaire. Les autres forces de gauche et écologistes sont diverses. Mais sur le fond, l’objectif essentiel est d’avoir aussi le maximum de places au sein des institutions. Les primaires auraient pu avoir un sens si elles avaient permis un débat large dans la société sur le fond. Mais elles sont à l’heure actuelle un concours de candidatures avec des dimensions de concurrence qui n'intéressent personne. Elles deviennent incompréhensibles…
A la base, les mouvements sociaux et citoyens donnent de la voix : Après le meurtre de la petite Lyhanna, la proposition de la Coalition Féministe et Enfantiste d’une loi cadre contre les violences sexistes et sexuelles constitue la meilleure réponse de la société face à la violence patriarcale et masculiniste. Une cinquantaine d'organisations (dont Amnesty International, ATTAC, la LDH, Greenpeace, Réseau Action ClimatFrance, Union syndicale Solidaires...) ont lancé un "Appel à la résistance démo cratique, sociale et écologique" qui indique dans sa conclusion : "Ne laissons aucune force mettre en péril les droits humains fondamentaux, les acquis sociaux gagnés de haute lutte, et les équilibres environnementaux dont notre survie dépend directement". De nombreuses organisations commencent à se coordonner pour créer un mouvement social et citoyen afin d’empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir : une campagne de masse se met en place, visant à toucher les citoyen·nes au plus près de leur vie quotidienne et portant des propositions alternatives de transformation.
Les mobilisations, les expériences alternatives pour dénoncer et contribuer à inverser les trajectoires du réchauffement climatiques ouvrent la voie à de nouvelles façons d'habiter nos territoires pour protéger nos conditions de vie (eau, alimentation, déplacement, reconversions industrielles, coopératives...). Pour notre réseau, « l’union à gauche sans LFI » ou « l’union tous derrière et sous la direction de LFI » ne sont que les deux faces de la même défaite face au RN. Pour gagner il n’y a pas d’autre chemin possible que l’unité de la base au sommet articulant luttes, questions institutionnelles et perspective de transformation.
Vite ! Le temps presse désormais !
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