30 avril 2026

‘Drôle de guerre’ économique et vraie guerre sociale


En 1939 on appela "drôle de guerre" une période où la guerre était déclarée mais aucun combat n’avait lieu. Aujourd'hui nous connaissons une drôle de guerre à la crise : tout le monde reconnaît que Trump, sa politique douanière et sa guerre à l'Iran a des conséquences sur les économies européennes.
Mais les gouvernements et l'UE restent sans réactions l'arme au pied. Macron temporise et semble même sous estimer la gravité de cette crise. Il ne se rend pas compte des mutations en cours du système capitaliste et ne change rien à sa politique : aucune mesure contre les suppressions d'emplois et les fermetures d'entreprises.
La confiance des ménages a connu une forte dégradation (INSEE). En avril elle a perdu 5 points à 84 (moyenne 1987-2025 :100), son plus bas niveau depuis mai 2023. Les ménages redoutent également une dégradation de leur niveau de vie et craignent plus l’évolution du chômage.
Ces inquiétudes doivent nous pousser à l'analyse du capitalisme d’aujourd’hui mais aussi définir des perspectives en termes de réponses immédiates et de projet de société. La crise actuelle sert de prétexte supplémentaire au renforcement de l'austérité. La chasse aux pauvres s’intensifie avec la loi Lutte contre les fraudes sociales et fiscales qui permet à France Travail de suspendre les allocations en cas d’« indices sérieux de manœuvres frauduleuses, de manquement délibéré à ses obligations ou de commission d’infractions ».
« Avec le décret Sanctions RSA et cette loi, si elle passe, une personne peut se retrouver avec zéro revenu par mois et même des dettes », constate le délégué national d'ATD Quart Monde.
"Il est plus que temps de lutter contre les causes de la pauvreté plutôt que d'orchestrer une ‘chasse aux pauvres’ politique, technocratique et algorithmique », déclare le Collectif Changer de Cap.
https://blogs.mediapart.fr/collectif-changer-de-cap/blog/220426/lutte-contre-la-fraude-sociale-lespauvres-c-est-tellement-pratique-1
Les vagues de licenciements, les fermetures de sites se multiplient. Comme l’ont fait les salarié-es de Duralex, de Bergère de France et d’autres, il faut obtenir par la lutte et au parlement le droit pour les salarié-es de reprendre leur entreprise sous forme coopérative. Face à la précarisation croissante,
le soutien et la popularisation de la plainte pour traite d’êtres humains contre Deliveroo et Uber portée par la Maison des livreurs à Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris et les associations d’aide aux livreurs Amal et Ciel s'impose également.
Au-delà c’est tout un système de protection sociale solidaire qu’il faut reconstruire. Au modèle économique qui repose sur l’exploitation d’une main-d’œuvre très précaire, en grande partie immigrée, dans des conditions de travail indignes, pour des revenus de survie, il faut substituer une
sécurisation de l'emploi et une qualité de travail.

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