Le 1er mai, chômé, payé et de lutte !
Le premier mai, ce n’est pas la Fête du travail du régime de Vichy, mais la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleur-ses. Il est aussi placé historiquement sous le signe de l'antifascisme et de l'opposition à la guerre, ce qui dans le contexte actuel inquiétant rend notre mobilisation plus importante que jamais. Il puise son origine dans la revendication de la journée de 8 heures par les syndicats étatsuniens dès 1884. La grève générale du 1er mai 1886 a mobilisé des centaines de milliers d’ouvrier-ères avec, à Chicago, des affrontements meurtriers (plusieurs grévistes et policiers tués). Il s’en est suivi une répression brutale du mouvement syndical et la condamnation à mort de 5 militants anarchistes. En 1889, l'Internationale Socialiste en fera une journée de mobilisation internationale pour la journée de travail de 8 heures.
Ces dernières semaines, les médias dominants se sont complaisamment fait le relais de l’offensive du patronat et de la droite visant à imposer des dérogations au principe du 1er mai chômé et payé (la seule journée de ce type légalement reconnue). Le prétexte de permettre à quelques commerces comme les boulangeries et fleuristes d’ouvrir – alors que rien ne les empêche de le faire s'ils ne font pas travailler leurs salarié·es – n’est en fait qu’une nouvelle tentative de banaliser la déréglementation des rythmes de travail.
Ces mêmes médias n’ont pas manqué de faire valoir « qu’il y a des gens qui veulent travailler et qu’on ne peut quand même pas les en empêcher ». On sait ce qu’il en est du « volontariat » en particulier dans les petites entreprises. Comment les salarié·es, souvent isolé·es, pourront résister à la pression des patrons ? Et on sait que toute nouvelle dérégulation des temps de travail crée une brèche dans laquelle le patronat s’engouffre. Les autorisations d’ouverture le dimanche profitant principalement à la grande distribution et les dérives qui ont suivi en témoignent : en quoi ouvrir un magasin de bricolage le dimanche répond à un besoin essentiel ?
Signe de son extrême faiblesse, Lecornu a reculé face aux syndicats - puis il a affirmé que certaines dérogations seraient accordées dès cette année. Ballon d’essai ? Vrai recul ou faux semblant ? En tout cas cela donne une idée des coups violents que préparent les droites et le patronat contre le monde du travail.
Arracher du temps libre au capital est une revendication fondamentale du mouvement
ouvrier. A un moment où l’irruption de l’Intelligence Artificielle dans les entreprises risque de conduire - conduit déjà - à la suppression de millions d’emplois, la réduction du temps de travail sans perte de salaire ni dégradation des conditions de travail est un objectif majeur.
Empêcher l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, imposer l’arrêt des guerres et un juste ordre mondial - à commencer par la liberté des peuples de déterminer leur propre avenir, de l’Ukraine à la Palestine - n’est pas moins urgent.
Des raisons de plus pour nous mobiliser massivement ce 1er mai puis continuer la lutte.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire