Deux évènements majeurs se sont produits récemment en Europe : l’échec retentissant les 22 et 23 mars du gouvernement Meloni à l’occasion du référendum en Italie, puis la défaite cinglante le 12 avril du numéro un hongrois Orban, allié en chef en Europe du trio Poutine-Trump-Nétanyahou.
Pourquoi ces deux évènements ont-ils eu un tel écho international ?
Ils ont eu lieu à un moment de polarisation par l’agression israélo-états-unienne de l’Iran, dans un contexte global de multiplication des guerres, parfois génocidaires
comme à Gaza, et de montée d’une menace néo-fasciste à l’échelle mondiale depuis la réélection de Trump en 2024.
Le résultat des élections hongroises confirme ce que disaient les sondages : chute libre des intentions de vote pour Orban, au bilan d’abord désastreux pour la population hongroise très appauvrie (politiques d’austérité et affaiblissement continu des services publics) et aussi corruption effrénée, mainmise sur les médias, attaques redoublées contre les minorités, les droits et les libertés et menaces contre l’Etat de droit.
Ainsi, le vote hongrois a été polarisé par le rejet d’Orban au profit d’un « vote utile » pour Tisza, parti de centre-droit, avec une gauche laminée. Au programme de ce parti,
l’inflexion des options ultra-libérales d’Orban, le refus de la corruption et la défense d’un Etat de droit au fonctionnement comparable à celui des pays membres de l’UE. Ce vote est aussi, dans une moindre mesure certes, un vote anti-fasciste et hostile à l’alignement de la Hongrie sur les options internationales du trio Trump-Poutine-Netanyahou.
Son premier effet à l’échelle internationale est de rendre désormais possible l’aide de plusieurs dizaines de millions d’euros à l’Ukraine, jusque-là bloquée par le veto hongrois.
Quant à l’échec de Meloni au référendum constitutionnel italien, d’autant plus marqué qu’il concerne toutes les régions italiennes sauf les trois les plus au nord, et qu’il est basé sur une forte participation, il marque un coup d’arrêt à l’image fausse d’une acceptation par la population de la dérive continue et fascisante du gouvernement Meloni dans lequel les néo-fascistes sont alliés à la droite. Là encore, se combinent dans l’explication de cet échec le refus de la corruption et des liens mafieux au sein même du pouvoir, le rejet des politiques néo-libérales et surtout le rejet populaire de la
volonté de soumettre la justice au pouvoir politique.
Dans la campagne référendaire contre le projet proposé par les néo-fascistes et leurs alliés, à noter également une forte et prometteuse dimension citoyenne : mobilisation par le bas dans laquelle étaient impliquée une majorité d’hommes et de femmes sans appartenance politique.
Dans les deux cas hongrois comme italien, la dynamique néo-fasciste est enrayée, et s’est manifestée la volonté populaire de reprendre la main, de décider de son destin.
La menace néo-fasciste n’est pas fatale, comme on l’avait vu en France avec le vote antifasciste du second tour du scrutin législatif de 2024.
Dans les cas hongrois et italien, le néo-fascisme était arrivé au pouvoir. Une épreuve à éviter à tout prix. Mais quand une telle épreuve survient, pas de fatalité non plus, même s’il a fallu seize ans pour se débarrasser d’Orban et même si le gouvernement Meloni reste en place : l’inversion du rapport de forces reste possible, avec l’échec néo-fasciste en perspective.
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