24 février 2026

POUR UNE SYRIE LIBRE ET DEMOCRATIQUE !

Le 6 décembre l’armée gouvernementale syrienne a lancé avec l’aide de la Turquie une offensive contre les Kurdes de Syrie. Ont d’abord été visés les quartiers kurdes d’Alep puis tout le nord-est de la Syrie, administré par les Kurdes depuis 2015 sur demande des USA afin de lutter contre l’EI. Offensive ordonnée par le président Ahmed al-Chara au passé djihadiste bien connu : sous le nom d’al-Joulani, il fut le fondateur du Front Al Nosra, lui-même issu d’Al-Qaïda. Après avoir renversé le tyran Bachar al-Assad, il s’est autoproclamé Président et a publié une Constitution imposée pour cinq ans. Aujourd’hui, il est reçu à Washington et Paris, qui ont autorisé son offensive, intéressés par la reprise de contrôle sur les réserves pétrolières.

Cette offensive s’ajoute aux attaques contre les Alaouites de la côte en mars 2025 et à celles contre la minorité druze de la région de Soueïda dans le sud du pays en mai 2025. Attaques qui se sont soldées par des centaines voire des milliers de morts. Dans sa logique, al-Charaa s’attaque aujourd’hui à la minorité kurde visant à la fois une minorité en tant que telle, mais aussi une expérience sociale et sociétale progressiste (notamment avec une refonte complète du statut et de la condition des femmes) dans ce territoire géré par l’AANES (Administration du nord et de l’Est de la Syrie) connue sous le nom de Rojava.

Le 29 janvier, Damas et les FDS (repliées sur les territoires « ethniquement » kurdes), annonçaient la conclusion d’un accord. Un Nième après ceux, innombrables (10 mars, 1er Avril, 18 janvier pour les plus importants), rompus par les forces syriennes.

Cette fois les Kurdes ont obtenu, outre la fin des combats, un certain nombre de points : la liberté d’administration des territoires sous leur contrôle ; leurs forces militaires garderont leur spécificité ; les YPJ (armée composée uniquement de femmes) restent intégrées aux FDS ; la reconnaissance de la langue kurde et de son enseignement. Entre autres.

Cependant, les Kurdes restent très prudents. Ce n’est pas le premier accord qui serait « trahi » par al-Charaa à qui les kurdes ne font pas confiance. Il reste des points à régler et des garanties à apporter sur leur règlement. Et surtout reste à savoir comment l’accord sera mis en œuvre : les Kurdes exigent qu’il soit inscrit dans la Constitution, ce qui n’est pas encore le cas. Ajoutons que depuis trois semaines, la zone kurde accueille des milliers de réfugiés et que la ville de Kobané, toujours en état de siège, connait de plus en plus de difficultés pour la vie quotidienne.

Et demeure en toile de fond une question essentielle : la Syrie doit-elle être un état centralisé au pouvoir d’un al- Charaa sunnite, ou bien un état de type fédéral comme le demandent les Kurdes et autres minorités ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire