27 novembre 2025

DÉFENDONS LA LIBERTÉ DE RECHERCHE ET D'ENSEIGNEMENT !

L’annulation le 9 novembre par le directeur du très prestigieux Collège de France d’un colloque universitaire intitulé ‘Palestine et l'Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines’ représente  une attaque très grave contre les libertés académiques.
La méthode est rodée. Des associations et des personnalités d'extrême-droite fabriquent de toutes pièces une polémique, des médias du même bord (Le Point, propriété de la richissime famille Arnault) s’en mêlent, des groupes de pression pro-israéliens (le CRIF, la LICRA) réclament l’interdiction sous le prétexte d’une menace pour l’ordre public et du soupçon (infondé) d’antisémitisme et de proximité avec le Hamas, et le tour est joué. Logiquement, tout ce monde crie aujourd’hui victoire.
Comme ‘preuve’ d’un risque de ‘trouble à l’ordre public’, la présence de quelques tags propalestiniens à proximité du bâtiment mais n’ayant aucun lien avec l’événement.
On ne compte plus les interdictions par des maires ou des présidents d’université, ni les poursuites contre des militant·es, comme celles contre Urgence Palestine et son co-fondateur Omar Alsoumi.
Il est particulièrement choquant que cette pression frappe aujourd’hui des universitaires mondialement respecté-es. Tout comme le fait que le ministre de l’enseignement supérieur est intervenue en personne, et que le directeur, chargé de garantir l’indépendance de l’institution, lui a si facilement cédé.
On peut cependant se féliciter que le colloque a pu avoir lieu en ligne et que la réaction dans le milieu académique a été si massive et rapide, et non seulement en France. Citons le collectif juif Pas en
notre nom, qui a écrit : « nous considérons cette censure comme une grave atteinte à la liberté académique et nous n’acceptons pas que la lutte contre l’antisémitisme soit dévoyée pour interdire une approche critique qui déplaît aux soutiens inconditionnels d’Israël ». Ou l’association progressiste américaine Jewish Voice for Peace, forte de son conseil académique de 120 universitaires : “Lorsqu’une institution aussi
prestigieuse se laisse contraindre à censurer des activités universitaires, elle risque de perdre son indépendance et son intégrité académiques, mais elle crée également un précédent inquiétant.”
Le combat pour faire entendre un autre récit que celui des médias pro-israéliens est aujourd’hui doublé d’un autre : celui pour défendre la liberté de recherche et d’enseignement. Ces combats sont d’autant plus vitaux qu’il existe un risque réel de l’arrivée au pouvoir d’un parti fasciste pro-israélienne.
24/11/2025

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