L’Assemblée Nationale entame l’examen des projets de lois de finance – les budgets – de l’État et de la Sécurité Sociale pour l’année à venir. Cela fait des semaines que le pouvoir agite la crécelle sur une probable cure d’austérité sans précédent et prépare la population à des sacrifices douloureux. La copie déposée par le Gouvernement est à la hauteur de ce qu’on pouvait craindre ! 43 milliards d’économies s’ajouteront aux mesures précédemment annoncées pour atteindre un total de 54 milliards pour 2027. Ce sont les services du travail, de l’emploi et de l’action sociale qui prennent le plus cher, avec près de 2,5 milliards de crédits en moins. Mais pas de problème pour la « défense », poste budgétaire le mieux doté avec une augmentation de 6,4 milliards quand les autres secteurs de l’État voient leurs crédits diminuer ou, au mieux évoluer moins vite que l’inflation ! Et cela sans que la priorité donnée à l’arme nucléaire dans la politique de défense ne soit jamais interrogée. Quant à la façon dont ce Gouvernement entend boucler les budgets, là non plus, il n’y a pas de surprise : non indexation des retraites de base audelà de 1260 € par mois ; limitation à + 2 % de l’objectif d’évolution des dépenses de l’Assurance maladie, alors que cellesci progresseront mécaniquement de 3,4 % (viellissement de la population, inflation) ; attaques contre les arrêts de maladie ; gel des APL et de prestations sociales (allocations familiales, prime d’activité) ; ponction sur les excédents de l’assurance chômage ; gel du point d’indice des fonctionnaires pour la 4ème année consécutive. A contrario, les exonérations de cotisations et les avantages fiscaux accordés aux entreprises, en particulier les plus grandes et les plus rentables, sont à peine effleurés ! Le crédit d’impôt recherche (7 milliards à la charge de l’État pour un résultat plus que discutable) est ainsi maintenu. A croire que le rapport de la commission d’enquête du Sénat qui a chiffré à 211 milliards le total annuel des aides aux entreprises n’a servi à rien ; pas plus que l’aveu d’Eric Lombard, ancien ministre de l’économie, reconnaissant que des milliers d’ultra riches ne paient pas d’impôt sur le revenu. Le problème du déficit et de la dette dont on nous rebat les oreilles, c’est moins un problè me de dépenses excessives que de recettes insuffisantes, phénomène accentué par les décisions fiscales de Macron depuis 10 ans. Au delà de la nécessaire mobilisation contre les mesures d’austérité, il y a urgence à ce que le mouvement populaire s’empare des questions budgétaires. Ce ne sont pas des questions techniques mais des choix politiques, des choix de classe. Lors de la crise financière de 2008, l’idée avait émergé de constituer des collectifs pour un audit citoyen de la dette. Reprenons ce chantier pour formaliser démocratiquement les attentes populaires en termes d’action publique et rechercher les moyens de les satisfaire.
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