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20 octobre 2026
Un modèle agricole mis à mal par la crise écoloclimatique
Nous avons connu un épisode caniculaire inédit par sa précocité, son intensité et sa durée, manifestation d’un dérèglement climatique qui s’accélère. Chacun·e aura pu en mesurer les effets avec les mégafeux qui ont ravagé des régions entières cet été. Ce qui est peut être moins perçu par le grand public, ce sont les conséquences de la sécheresse sur les productions agricoles. A peu près toutes les filières ont été impactées dans la plupart des régions même si c’est de façon inégale : maraîchage, élevage, grandes cultures, arboriculture… Cette crise se traduit par des pertes importantes de rendement – et de revenu – pour de très nombreux et nombreuses paysan·nes. Une crise qui peut se prolonger pendant des mois : le retour tardif de pluies qui restent faibles peut hypothé quer la repousse des prairies et peser sur l’activité des éleveurs et éleveuses qui ont déjà entamé leurs réserves de fourrage d’hiver. Elle risque aussi de se répercuter sur l’aval par manque de matière première suffisante pour faire tourner les unités de transformation et, au bout de la chaîne, sur une hausse conséquente des produits alimentaires. Ce qui est aussi en jeu, c’est le risque de cessations d’activité et d’une accélération du mouvement de concentration des exploitations agricoles. Car la situation dramatique d’une partie de la paysannerie n’empêche pas les prédateurs de continuer à agir. Ainsi, le groupe Savencia (ex Bongrain) vient de rompre unilatéralement le contrat qui le liait à une organisation de producteurs et productrices de lait de la Sarthe, du Maine et Loire et de la Mayenne (330 exploitations, plus de 600 paysan ·nes). Face à une telle situation, les aides d’urgence aux agriculteurs et agricultrices en difficulté sont, bien sur indispensables. Début septembre, le gouvernement a annoncé une enveloppe de plus d’un milliard d’euros pour soutenir le secteur. Il prévoit la mise en oeuvre de mesures assez habituelles en matière de gestion des crises agricoles (prêts à taux zéro,...). Encore faudrait il que ces dispositifs ne soient pas accaparés par ceux qui en ont le moins besoin et qu’ils ne servent pas à éliminer les plus fragiles. C’est ce qui a amené la Confédération Paysanne a proposer un plan de sortie de crise avec, notamment, l’attribution d’une aide forfaitaire de 5 000 € par actif agricole. Au delà d’une réponse immédiate à la crise, c’est bien d’une réorientation fondamentale du modèle agricole dont la société a besoin : un modèle résilient au dérèglement climatique et qui s’appuie des pratiques agroécologiques ; pour une agriculture plus économe et plus autonome, permettant aux paysan·nes de vivre dignement de leur travail et fournissant une alimentation de qualité à un prix abordable. La mise en place d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation a toute sa place dans une telle reconversion.
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