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1 octobre 2026

Contribution à la lutte contre la menace néofasciste. À propos d'un débat avec Vincent Tiberj.

Le 8 septembre, notre Réseau a organisé une visioconférence avec Vincent Tiberj, sociologue et auteur de «La Droitisation française : mythe et réalités » (2024). L’auteur y développe qu’il n’y a pas de droitisation  de la société, mais plutôt un phénomène qui touche les sphères médiatiques et politiques. Deux ans après la parution du livre, nous voulions discuter avec Vincent Tiberj de l’actualité de ses thèses. Pour lui, ses analyses de 2024 restent globalement valides, même si des évolutions récentes conduisent à formuler des points d’alerte. S’appuyant sur des enquêtes sociologiques approfondies, il définit trois critères (indices de tolérance, de préférences culturelles, de préférence sur les choix économiques et sociaux) qui lui permettent de conclure qu’il n’y a pas de « droitisation par en bas ». Tout juste constatet il en 2025 un fléchissement de l’indice de préférence économique et sociale, reflet de la place prise dans le débat public par la mise en cause des pauvres et allocataires. Les deux autres indices – tolérance et préférences culturelles – résistent. C’est un vrai paradoxe à un moment où la menace néofasciste se fait de plus en plus pressante sur le plan électoral. L’auteur l’explique par deux phénomènes principaux.

Premièrement, l’effet de ce qu’il appelle « la grande démission », une prise de distance vis à vis des élections et des partis politiques, plus particulièrement dans les générations post baby boom. Elles connaissent une forte augmentation du nombre de personnes qui se déclarent proches d’aucun parti. Cela ne signifie pas qu’elles n’ont pas de valeurs politiques. Les enquêtes montrent que ces valeurs sont majoritairement plus proches de celles de la gauche que de la droite et de l’extrêmedroite. C’est l’offre politique traditionnelle qui cor respond de moins en moins à leur culture et leurs attentes. 

La seconde dynamique à l’œuvre, c’est l’extrêmedroitisa tion de l’électorat conservateur, en particulier chez les « boomers ». Le fait qu’ils votent plus régulièrement que les générations plus jeunes amplifie les résultats électoraux de l’extrême-droite. Laquelle se voit légitimée par la radicalisation d’une droite « républicaine » qui reprend son discours. Y contribuent aussi les médias Bolloré qui, malgré des audiences modestes, finissent pas imprégner les autres médias de leurs thèmes – y compris le service public. A l’approche des échéances 2027, la leçon de cette rencontre est qu’il faudra aller chercher et convaincre ces « démissionnaires » pour battre le RN et ses alliés. 


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