Édito : Une rentrée de combat ?
L’été qui s’achève laissera durablement le souvenir de catastrophes écolo-climatiques majeures : sécheresse inédite aux conséquences dramatiques pour la santé des populations, la biodiversité et l’activité économique, en particulier agricole ; incendies difficilement maîtrisés ; tornade destructrice… Des catastrophes aux dimensions planétaires avec les incendies géants en Amérique du nord, la sécheresse au Pérou et en Amérique centrale, les inondations en Chine, le drame du Népal... Pour qui en douterait encore, le dérèglement climatique est bien là !
En France, la crise aura révélé le niveau d’impréparation des pouvoirs publics sur fond de politiques austéritaires et courtermistes menées depuis des décennies. Faut-il rappeler qu’en novembre 2025, députés de droite et du RN ont rejeté l’augmentation de la taxe spéciale sur les contrats d’assurance destinée à financer les Services Départementaux d’Incendie et de Secours ? Le paradoxe de la situation est que le capital et ses soutiens négationnistes profitent de la crise climatique pour justifier sans vergogne leur fuite en avant, comme avec le vote en juillet de la loi Duplomb II – véritable démantèlement des protections de l’environnement, en particulier en matière de gestion de l’eau.
Le MEDEF n’est pas en reste qui, lors de son université d’été, a posé ses exigences dans la perspective des élections de 2027. Le patronat est à l’offensive pour en finir avec ce qui reste de « l’État social ». Retraites, cotisations sociales, impôts et « normes » sont clairement dans le collimateur patronal. Ce discours de combat est complaisamment repris par la droite et l’extrême droite et par un gouvernement qui nous annonce un budget d’austérité record pour 2027 au nom de la lutte contre l’endettement. De l’argent, il y en apourtant quand on apprend que les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 34 % au premier semestre 2026. 20 milliards d’€ de plus par rapport au premier semestre 2025 quand 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (un record !).
Dans ce contexte, les mobilisations sociales et citoyennes des semaines à venir – contre les violences faites aux femmes et aux enfants, pour la défense des libertés publiques, pour le climat, pour les solidarités,... – sont d’une importance capitale. Leur succès peut marquer le début d’un changement du rapport des forces plus favorable à notre camp social. Il serait un point d’appui pour faire reculer la tentation néo-fasciste et commencer à dessiner un avenir désirable.
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