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18 septembre 2026

Le numéro 24 de notre bulletin est sorti !

Édito : Une crise économique et sociale rampante  ... C'est le triste bilan du macronisme 

⬥ une croissance nulle : après un trimestre à zéro, elle plafonne à 0,2%. La consommation des ménages – liée aux dépenses énergétiques – évite pour l'instant la récession. Jusqu'à quand ?

⬥ l'inflation a atteint 2,4% en Août (0,9% l'an dernier) : Après la hausse des prix de l'énergie (+13,7%) viendra celle des autres prix à la consommation, en particulier dans l’alimentaire. L'inflation est inégalitaire, entraîne plus d'appauvrissement pour les couches populaires avec des dépenses contraintes et des privations croissantes. Quels seront les effets à terme sur la société ?

⬥ l'emploi salarié recule dans le privé (-0,4%) depuis 6 trimestres. L'emploi total, positif grâce au secteur public et à l'emploi non salarié, sert à masquer la crise. Une grande partie des emplois créés sont des emplois précaires, c'est à dire fragiles.

La coalition droite-RN veut imposer des réponses qui sauvegardent les profits au prix d'une accentuation de la politique de l'offre. Pour cela il leur faut convaincre de "faire des sacrifices", des économies tout en se privant de rentrées fiscales :

⬥ utilisation de l’argument de la dette "intenable" pour justifier les baisses dans la dépense sociale et le service public (voir https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/070926/la-crise-de-la-dette-un-recit-conservateur-visee-repressive)


⬥ attaque sur la protection sociale : franchises, arrêts de maladie, retraites... Une étape supplémentaire est franchie avec la mise en cause de la cotisation sociale : c'est la proposition de TVA dite sociale, mais aussi d'ouverture à la capitalisation pour les retraites.

Une riposte unitaire s'organise autour d'exigences sur les salaires et les services publics.

La journée du 29 septembre est certes limitée à la fonction publique, mais elle peut créer une dynamique unitaire. La mobilisation massive des pompiers peut catalyser les actions.

Dans la bataille du budget, les syndicats demandent la taxation des riches. La demande pourrait s'accentuer : la violence de Patrick Martin, président du MEDEF, contre la taxe Zucman traduit la peur du patronat. Le référendum sur la taxation à 5% de la fortune des milliardaires prévu le 3 novembre en Californie peut aussi activer ce débat chez nous.

Lutter contre les inégalités – largement perçues comme inacceptables – est essentiel contre le RN en exacerbant les contradictions avec les droites et en son sein même .

Suivons le conseil de Sophie Binet : Il faut « saturer le débat avec les questions sociales ».

A Marseille, faisons front commun 
Le 9 juin 2025, les Ami·es du programme du Printemps Marseillais de 2020, Réinventer la Gauche, la Réserve Citoyenne ainsi que plusieurs comités du Nouveau Front Populaire organisaient une rencontre pour la constitution d’un Front Commun de la gauche et de l’écologie dans leurs composantes politiques, associatives et syndicales en vue des élections municipales et métropolitaines de 2026. Cette première initiative se déroulait dans un contexte marqué à la fois par la progression inquiétante de l'extrême droite et par l'espoir suscité par la dynamique du NFP lors des élections législatives de 2024

La nécessité d’une dynamique unitaire est aujourd'hui plus actuelle que jamais et notre mobilisation ne se limite pas aux échéances électorales : les militant·es de Faisons Front Commun sont investi·es dans les luttes (solidarité internationale, soutien aux grévistes, etc.) et organisent régulièrement des débats publics. Ces assemblées populaires autour de militant·es et de chercheur·ses ont réuni depuis un an plusieurs centaines de personnes pour parler légalisation des drogues, répression policière, droit au logement digne, à des transports faisant de Marseille une ville pour toutes et tous, lutte contre l’extrême-droite, etc. Les propositions issues de nos échanges constituent notre contribution aux débats pour un programme de rassemblement des forces de gauche. Enfin, Faisons Front Commun intervient régulièrement dans le débat public à travers tracts, communiqués, tribunes, conférences de presse et publications sur les réseaux sociaux. 

Environ 200 personnes ont adhéré jusqu’ici à notre collectif et plus de 800 ont demandé à recevoir nos informations. Nous avons tissé des liens avec d’autres collectifs locaux du département et organisé avec ceux de La Ciotat et Aubagne une réunion sur les menaces impérialistes. Faisons Front Commun ! est aujourd’hui constitué en association et organisé en commissions (santé-précarité, éducation, économie-finances, démocratie, féminisme et lutte contre les discriminations, écologie, logement, transports…)

Dans une année marquée par une élection présidentielle et de probables élections législatives, où plus que jamais le RN et les idées d’e xtrême droite sont proches du pouvoir, nous poursuivrons ce travail. Nous prendrons toute notre part aux batailles électorales pour que la gauche rassemblée gagne face à l’extrême droite. Parce que seule la gauche rassemblée peut porter un programme pour enfin changer la vie, changer le monde. L’unité devra se faire dans les luttes et dans les urnes, autour de propositions concrètes et mobilisatrices. 
Notre proposition de rencontres bilatérales et initiatives communes avec d'autres forces de la gauche alternative et autogestionnaire a trouvé plusieurs échos. Ainsi l'organisation corse A Manca a bien voulu que nous publions cette contribution au débat sur l'autodétermination. Le 21 septembre nous organisons également un débat visio commun avec eux dont voici l'annonce :
Par A Manca
》Confrontée au tsunami économique généré par une économie ultra-libérale également à l’origine de la dégradation accélérée de l’habitabilité des territoires pour les plus pauvres, notre société est ébranlée dans ses fondements. 

Cela affecte la jeunesse et plus globalement les classes populaires. A ce marasme viennent s’ajouter des politiques étatiques qui, faute de rompre avec une relation de dominants à dominés, ne respectent en rien les expressions d’une majorité de Corses.

En mettant à la charge des migrants tous les maux, ce gouvernement a abondé dans le sens des thématiques de l’extrême droite.

Ces facteurs se conjuguant, il n’est pas étonnant de voir des fractions du mouvement nationaliste s’adonner à une surenchère réactionnaire. Fondées sur des socles idéologiques contestables, ces formations soufflent sur les braises en tentant ainsi de récupérer toutes les colères.

Plutôt que de dénoncer l’économie de marché, ils choisissent de désigner « la colonisation de peuplement » en tant que causalité de nos problèmes. Cela présente l’avantage de dédouaner ceux des Corses qui participent pleinement aux spéculations foncières et immobilières dans le cadre de la vocation "tout tourisme" ambiante.

Les droits du sol et de la sueur sont battus en brèche. Une conception ethnique du peuple corse se substitue à eux. Cette option, saluée par l’extrême droite locale, peut se satisfaire des dernières déclarations du FLNC et du mouvement Nazione*.

Selon ces derniers, il y aurait au sein du nationalisme des liquidateurs des acquis de décennies de luttes et d’autres q u’ils prétendent incarner , autoproclamés meilleurs défenseurs du peuple corse. Cette pente induisant qu’il faille se ranger derrière une direction politico-militaire.

Nous n’ignorons pas que le projet d’autonomie qui a fondé le processus de Beauvau présente des faiblesses. La reconnaissance du peuple corse et la question sociale se trouvent laissées de côté. Les négociateurs ont fait des concessions. Ils s’en voient mal récompensés au regard des positionnements du gouvernement et d’une grande partie de la classe politique française. L’erreur demeurant de circonscrire ce processus au périmètre institutionnel, sans chercher à mobiliser sur le terrain.

Une autonomie digne de ce nom aurait été un objectif atteignable, le risque a été pris de rabougrir un projet encourant à termes, d’être insatisfaisant.

Nous refusons la pensée binaire présentant les « traîtres » d’un côté et les « purs » de l’autre. Cette logique de la « pureté » reste porteuse de graves dérives et peut permettre à des forces extérieures au mouvement nationaliste de se livrer à toutes les manipulations possibles. Le passé étant là pour en attester.

L’absence de projet de société a comme conséquence le non-dépassement d’une logique nationaliste qui a pourtant atteint ses limites et n’est en rien porteuse d’une dynamique émancipatrice.

*Nazione : Composante nationaliste corse, constituée en 2024 et issue du mouvement Corsica Libera de J-G Talamoni, défavorable à la notion de communauté de destin pour définir le peuple corse et soutenant la lutte armée (NDLR) 
Après sa victoire aux élections du Land de Saxe-Anhalt, l'AFD va de nouveau progresser le 20 septembre à Berlin et dansle Mecklembourg.
A l'origine représentatif de secteurs de la bourgeoisie défendant un modèle économique ordo-libéral loin des compromis du modèle rhénan, ce parti a profondément muté. Les thématiques identitaires et anti-immigration sont devenues centrales en même temps que s'élargissait la base électorale du parti. Par ailleurs la dénonciation des "élites", des thématiques complotistes, un positionnement pacifiste et russophile sont des thèmes porteurs. Aujourd'hui, de nombreux cadres sont des militant·es identitaires, mettant en cause la "culture de la culpabilité" et prônant la remigration.

La poussée de l'AFD a des causes multiformes : l'impopularité d'un gouvernement Merz accentuant le détricotage du modèle allemand et des restes de solidarités sociales. Cette pression s'accompagne d'une réorientation massive des investissements vers les dépenses d'armements. L'allié social-démocrate de la CDU ne pèse que peu, ce qui accentue sa crise historique. Il y a des causes plus structurelles, avec le déclin des partis démocratiques de masse et l'hostilité à l’immigration notamment dans les Länder de l'Est.

Après la débâcle morale et économique post-nazie, deux visions se sont affirmées en Allemagne :

En RDA, une nouvelle Allemagne, fidèle alliée de l'URSS mais inventant un nouveau patriotisme socialiste. Dans les dernières années de la RDA une réflexion sur la continuité avec l'histoire de la Prusse avait même été esquissée. Les quelques aspects protecteurs du système ont été balayés lors d'une Réunification pilotée par le capital ouest-allemand. Ainsi, peu de salarié·es des nouveaux Länder ont bénéficié des conventions collectives conquise par le mouvement syndical à l’ouest.

En RFA, la réponse a été, pour simplifier, post-nationale et basée sur la recherche du consensus :

⬥ un patriotisme constitutionnel

⬥une intégration au cadre européen

⬥ une économie forte

⬥ un modèle social et économique régulé avec des formes – limitées – de cogestion

⬥ plus récemment, une vision multiculturelle de la société

⬥ une imprégnation pacifiste

Tous ces éléments sont remis en cause ou affaiblis par la globalisation, l'emboîtement de crises qu'elle induit et les conséquences d'un néo-libéralisme destructeur, avec aujourd'hui une nouvelle offensive brutale du capital. Au-delà d'un succès local de l'AFD, l'incrustation de ce parti accentue la crise politique. Les anticorps restent puissants, des Églises aux secteurs antifa, mais la gauche a le plus grand mal à répondre. Le SPD et les Verts sont considérés par l'électorat protestataire comme des partis du système. Die Linke n'encourt pas ce reproche mais défend un modèle de société à l'opposé du nouveau nationalisme ethno-culturel.

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