10 juillet 2026

Le protocole d’accord iranoétatsunien du 17 juin


Ce memorandum en 14 points n’est pas un traité de paix, mais c’est peut-être une étape vers une paix ultérieure possible. Voyons ses principaux points : ■ cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, ■ l’Iran et les États-Unis s’engagent à conclure un « accord final » dans un délai maximal de 60 jours, ■ la levée progressive du blocus étatsunien devra être achevée d’ici le 17 juillet et l’Iran assurera un passage sécurisé du détroit d’Ormuz pour tous les navires commerciaux dès le 17 juin, ■ les États-Unis s’engagent à mettre fin à toutes les sanctions, à rendre disponibles les fonds et avoirs iraniens gelés et à élaborer un plan de reconstruction de l’Iran d’au moins 300 milliards de dollars, ■ l’Iran ne développera pas d’armes nucléaires, mais garde son programme, ■ les États-Unis permettent l’exportation du pétrole et du gaz iraniens. 
La plupart des analystes considèrent que cet accord se fait au prix de concessions majeures des États-Unis, à la fois sur des points cités (nucléaire, fin des sanctions et du gel des avoirs iraniens, plan de reconstruction de l’Iran…) mais aussi sur des points non évoqués (programme balistique ; alliés de l’Iran, le Hezbollah libanais et les Houthis yéménites ; possibilité pour l’Iran, en accord avec Oman, de prélever des « frais de service » sur la traversée du détroit d’Ormuz…). Netanyahou et son gouvernement fasciste, qui n’ont pas été invités aux négociations, sont furieux contre les États-Unis, alors qu’ils avaient été à l’initiative de l’agression contre l’Iran du 28 février (cf Feuille n° 16 du 16 04 2026). Ils ont tout fait pour s’opposer à ces négociations qui se déroulaient en pleine offensive militaire contre le Hezbollah, mais ils ont dû signer un accord « pour une paix et une sécurité durables » le 28 juin à Washington (cependant, l’armée coloniale israélienne continue à occuper une partie du Sud Liban et ne respecte pas l’accord signé). 
Le grand gagnant de ces 4 mois de guerre est le régime iranien qui en sort renforcé. Certes, il a perdu des cadres, religieux, politiques et militaires, mais il ne s’est pas effondré comme l’espéraient les duettistes du 28 février dont les analyses reflétaient leur méconnaissance profonde de l’Iran. Le pouvoir iranien a changé, les religieux sont sur le recul au profit de la frange la plus dure des Gardiens de la Révolution qui aggravent la répression contre le peuple iranien : c’est lui le grand perdant de la guerre israéloétatsunienne. 
Malgré l’accord du 17 juin, la situation internationale n’est pas stabilisée et « l’accord final » envisagé « dans un délai maximal de 60 jours » peut être repoussé très loin, d’autant plus que ce délai est « renouvelable d’un commun accord » ; « l’accord final » peut même ne jamais être signé. De plus, les élections de l’automne prochain en Israël et aux États-Unis peuvent bouleverser la donne. Ou pas ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire