9 juillet 2026

Centrales villageoises : une autre conception de la production d’énergie

A un moment où la crise dans le golfe persique et l’ampleur des dérèglements climatiques remettent en cause la place des énergies fossiles, il n’est pas inutile de s’intéresser à une expérimentation qui donne à voir un autre modèle de production d’énergie, plus décentralisé et participatif : les « Centrales Villageoises ». Ces dernières se définissent comme «des sociétés locales à gouvernance citoyenne qui portent des projets en faveur de la transition énergétique en s'inscrivant dans une logique de territoire ». Ce concept est né il y a 15 ans à l’initiative de l’Agence Régionale Énergie Environnement de la Région Auvergne-Rhone-Alpes comme une réponse à l’émergence, dans plusieurs parcs naturels de la région, de projets autour des énergies renouvelables peu compatibles avec la nature des lieux.

Après une expérimentation sur 8 sites pilotes, le modèle a peu à peu essaimé. Leur développement repose sur quelques principes formalisés au sein d’une charte : Mobiliser les habitant·es autour des enjeux énergétiques, favoriser leur implication dans le projet ; ancrer les projets dans les territoires et prendre en compte les orientations des collectivités locales (plans climats territoriaux) ; favoriser les retombées économiques locales ; assurer une gouvernance démocratique – de type coopératif ou semi-coopératif ; retenir un mode de gestion soit en société par actions simplifiées (SAS), soit en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) avec la recommandation qu’aucun sociétaire de détienne plus de 20 % des actions.

Aujourd’hui, les centrales villageoises, ce sont 77 sociétés locales (dont une soixantaine ont une production électrique effective), très majoritairement dans le quart sud est de l’Hexagone et avec quelques développements dans l’Est et en Bretagne. Regroupant près de 9 000 sociétaires, elles se sont constituées en réseau sous forme d’association : mise à disposition d’une boite à outil et de services communs. Contrairement aux champs photovoltaïques consommateurs de terres agricoles des grands énergéticiens, elles privilégient la pose de panneaux solaires en toiture et leur insertion paysagère via des contrats de locations d’emplacements passés au long cours avec des propriétaires publics ou privés. Elles tendent à diversifier leur action vers d’autres formes d’énergie renouvelable ou vers la sobriété énergétique.

Si leur production reste modeste, elles portent une vision alternative de la production d’énergie et du développement local. Reste à voir l’impact qu’aura pour ces petits producteurs l’arrêté ministériel du 4 juin réduisant à 1,1 centime d’€ du kWh le tarif d'achat de l'électricité produite par ces petites installations !

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