11 juin 2026

Cultures et langues dites régionales : quels enjeux pour un projet alternatif et autogestionnaire ?

L’initiative lancée par notre réseau a réuni à Montpellier le lundi 25 mai une vingtaine de militant·es.

La réunion a débuté par une brève présentation, répondant à la question : qui sommes-nous ?  Anticapitaliste et autogestionnaire, écologiste et féministe, internationaliste et altermondialiste, soutenant les luttes pour l’auto-détermination des peuples, le Réseau n’ignore pas que la France s’est construite en donnant au centre, un énorme pouvoir au détriment des périphéries mises à son service et que la nation française s’est constituée au XIX ° s contre les cultures et les langues devenues régionales. Le Réseau se considère, parmi d'autres, héritier des luttes menées dans les années 1970 pour « vivre, travailler et décider au pays » .

Gilbert Dalgalian, linguiste engagé, militant pour l’acquisition précoce des langues et pour l’autogestion a ensuite présenté les enjeux : partout les peuples dominés à l’intérieur d’Etats constitués, luttent pour leurs langues et leurs cultures. Les formes de résistance sont déterminées par le degré de violence subie. L’histoire politique des violences, des humiliations, des résistances contre les stigmates inventés par les dominants pour justifier leur domination, débouche sur des revendications de dévolution, d’autonomie ou d’indépendance. Cette histoire des dominations et des résistances diffère à l’intérieur d’un pays, par exemple entre les territoires à l’intérieur de l’hexagone, entre ces territoires et les îles et territoires lointains, « confettis de l’Empire ». Les situations sont aussi différentes entre pays (France et Espagne, par exemple). Les revendications des peuples premiers du Groenland, des Aborigènes d’Australie convergent dans leur diversité avec les expériences kurdes, l’auto-organisation des Ukrainien·nes en résistance pour leur auto-détermination...

Les langues sont mieux respectées dans les Etats fédérés ou confédérés que dans les Etats centralisés. Les mouvements autonomistes ou indépendantistes, surtout quand ils s'approprient la notion de communauté de destin -alternative aux conceptions nationalistes ethnicistes-, n’assignent pas leurs peuples à une langue unique ou une culture unique, ne cultivent pas des idéologies de repli communautaire, de rejet de l’Autre ou de chauvinisme mais sont totalement ouverts aux autres.
Les autogestionnaires portent des propositions pour un dépassement de la civilisation du capital et du profit, pour l’implication de tous et de toutes dans une citoyenneté politique et solidaire. Iels sont en résonnance avec ces conceptions qui enrichissent leur projet de société, ouverte aux brassages, aux métissages, à la diversité linguistique et culturelle.  
Le débat qui a suivi a été très riche et a concerné aussi bien l’histoire des territoires, des langues minorisées, leur transmission, que les avancées et les limites de la loi Molac, les politiques linguistiques volontaristes possibles…Un point a été fait sur les langues dans les îles britanniques, sur les langues créoles…Une réflexion a été amorcée, avec des échanges positifs qui gagneraient à être prolongés.

 

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