L’initiative lancée par notre réseau a réuni à
Montpellier le lundi 25 mai une vingtaine de militant·es.
La réunion a débuté par une brève présentation,
répondant à la question : qui sommes-nous ? Anticapitaliste et
autogestionnaire, écologiste et féministe, internationaliste et
altermondialiste, soutenant les luttes pour l’auto-détermination des peuples,
le Réseau n’ignore pas que la France s’est construite en donnant au centre, un
énorme pouvoir au détriment des périphéries mises à son service et que la
nation française s’est constituée au XIX ° s contre les cultures et les langues
devenues régionales. Le Réseau se considère, parmi d'autres, héritier des
luttes menées dans les années 1970 pour « vivre, travailler et décider au pays
» .
Gilbert Dalgalian, linguiste engagé, militant pour
l’acquisition précoce des langues et pour l’autogestion a ensuite présenté les
enjeux : partout les peuples dominés à l’intérieur d’Etats constitués,
luttent pour leurs langues et leurs cultures. Les formes de résistance sont
déterminées par le degré de violence subie. L’histoire politique des violences,
des humiliations, des résistances contre les stigmates inventés par les
dominants pour justifier leur domination, débouche sur des revendications de
dévolution, d’autonomie ou d’indépendance. Cette histoire des dominations et
des résistances diffère à l’intérieur d’un pays, par exemple entre les
territoires à l’intérieur de l’hexagone, entre ces territoires et les îles et
territoires lointains, « confettis de l’Empire ». Les situations sont
aussi différentes entre pays (France et Espagne, par exemple). Les
revendications des peuples premiers du Groenland, des Aborigènes d’Australie
convergent dans leur diversité avec les expériences kurdes, l’auto-organisation
des Ukrainien·nes en résistance pour leur auto-détermination...
Les langues sont mieux respectées dans les Etats
fédérés ou confédérés que dans les Etats centralisés. Les mouvements
autonomistes ou indépendantistes, surtout quand ils s'approprient la notion de
communauté de destin -alternative aux conceptions nationalistes ethnicistes-,
n’assignent pas leurs peuples à une langue unique ou une culture unique, ne
cultivent pas des idéologies de repli communautaire, de rejet de l’Autre ou de
chauvinisme mais sont totalement ouverts aux autres.
Les autogestionnaires portent des propositions pour un
dépassement de la civilisation du capital et du profit, pour l’implication de
tous et de toutes dans une citoyenneté politique et solidaire. Iels sont en
résonnance avec ces conceptions qui enrichissent leur projet de société,
ouverte aux brassages, aux métissages, à la diversité linguistique et
culturelle.
Le débat qui a suivi a été très riche et a concerné
aussi bien l’histoire des territoires, des langues minorisées, leur
transmission, que les avancées et les limites de la loi Molac, les politiques
linguistiques volontaristes possibles…Un point a été fait sur les langues dans
les îles britanniques, sur les langues créoles…Une réflexion a été amorcée,
avec des échanges positifs qui gagneraient à être prolongés.
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