11 mai 2026

TSUNAMI POLITIQUE EN GRANDE-BRETAGNE

Les élections locales en Angleterre et aux parlements écossais et gallois du 7 mai ont créé une vague qui ne risque pas de s’atténuer de si vite. Plusieurs dizaines de députées travaillistes ont déjà appelé à la démission du premier ministre, Keir Starmer. Mais c'est la montée d'un parti d'extrême-droite et l'encouragement que cela donnera aux manifestations chauvines et racistes visant les migrant-es qui frappe et inquiète le plus.
En Angleterre, 5000 sièges étaient en jeu. Reform UK, le parti du très trumpiste Nigel  Farage, en détenait seulement deux - aujourd’hui il en détient 1453 et dirige plusieurs collectivités importantes. C’est un événement majeur qui confirme et renforce la tendance observée dans de nombreux pays.
Les travaillistes, avec 1068 élu-es, subissent une perte nette de 1496 sièges et perdent le contrôle de nombreux conseils locaux, dont celui de la deuxième ville du pays, Birmingham. Au Pays de Galles, où le parti travailliste domine depuis un siècle, ce sont les nationalistes de centre-gauche, Plaid Cymru, qui formeront pour la première fois le gouvernement. Comme en Ecosse (où les indépendantistes conservent le pouvoir) le Labour est aujourd’hui devancé par l’extrême-droite et fortement concurrencé par les Verts.
A Londres, le fait marquant et la meilleure nouvelle de cette séquence est la victoire des 
Verts de Zack Polanski (classés à gauche voire gauche radicale) dans 4 quatre bastions travaillistes. Car en effet, l’hémorragie électorale du Labour s’effectue en partie vers sa gauche – principalement vers les « écolo-populistes » mais aussi vers des candidat-es indépendant-es (souvent sur une base dite « pro-Gaza »). Il y a aussi un transfert de voix vers Reform, mais le succès de Farage s’explique principalement par le recul du parti conservateur.
La crise politique est inédite et peut-être même systémique : loin d’une potentielle  alternance, les deux grands partis de gouvernement risquent de s’effondrer en même temps. La droite a perdu 40% des sièges qu’elle défendait, au bénéfice de Reform UK (qui ramasse également d’anciens élu-es et responsables conservateurs) et dans une moindre mesure (c’est plus classique) du parti centriste, les Libéraux-démocrates. 
L’enjeu pour la gauche n’est pas comme en France d’empêcher l’arrivée immédiate au pouvoir d’un parti néofasciste (le gouvernement, fort d’une majorité solide, ne pourra probablement pas tomber avant les législatives prévues… en 2029). Il est plutôt de 
travailler de façon unitaire pour à la fois faire reculer le racisme dont se nourrit le parti de Farage, mobiliser contre les nervis fascistes, soutenir la résistance à l'austérité et en même temps faire émerger une alternative politique.
Le 11 mai 2026

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