14 mai 2026

ÉDITO : REPASSER A L'OFFENSIVE FACE AUX LICENCIEMENTS !

                                                    Depuis plusieurs mois, fermetures d’entreprise et plans de licenciement se multiplient : Seb vient d’annoncer la suppression de 2100 postes dans le monde (sur 31 000 salarié·es) dont 500 en France alors que les résultats de l’entreprise sont plutôt bons. ArcelorMittal annonçait il y a un an la suppression de 608 postes en France mais au même moment l’entreprise reversait 1,3 milliards de dividendes à ses actionnaires, après avoir touché plus de 300 millions d’aides publiques. Depuis 2024, la CGT a recensé plus de 500 plans sociaux qui ont impacté ou supprimé plus de 100 000 emplois directs. La saignée semble sans fin. L’Etat ayant abandonné toute politique industrielle, laisse globalement faire, privilégiant une politique de l’offre faire de rigueur salariale et sociale et de mesures d’austérité budgétaire reposant sur les ménages les plus fragiles. Alors que les entreprises françaises reçoivent tous les ans, 211 milliards d’euros d’aides et d’allégements divers, la population est en droit de leur demander des comptes.
Les luttes des salarié·es pour s’opposer aux fermetures d’entreprises et aux plans de licenciement sont nombreuses pour arracher des concessions et « limiter la casse ». Elles prennent aussi de plus en plus souvent des tournures plus offensives à l’image des salarié·es de Brandt ou de Vencorex qui ont récemment proposé la reprise en scop de leurs entreprises, deux propositions rejetées par les tribunaux de commerce qui privilégient de plus en plus les critère financiers plutôt que les critères industriels..
La proposition de loi déposée par le député LFI, M Tavel, à l’Assemblée Nationale, vise à faciliter la reprise d’entreprises par les salarié·es sous forme coopérative. Elle institue dans son article 1er un droit de « préférence salariale »qui obligerait les tribunaux de commerce à donner la priorité à la reprise sous forme coopérative face à des offres de reprise équivalentes.
C’est grâce à leurs luttes opiniâtres sur le terrain que les salarié·es de Bergères de France ont obtenu de reprendre sous forme de scop leur entreprise.Et la scop  des salarié·es de Duralex a pu mesurer le soutien de la population lorsqu’elle a lancé son financement participatif et obtenu en 48h, 20 millions d’euros.
De nombreuses coopératives comme la Fabrique du Sud créée en 2014 prouvent que le modèle coopératif peut durer.
Comme le rappelle C Geisler, syndicaliste CGT sur le site de l’Association pour l’Autogestion, « il existe aujourd’hui en France 2700 coopératives ouvrières solidaires dont une sur cinq correspond à une réponse face à une fermeture d’entreprise imposée par l’employeur ou les actionnaires….Un peu partout se construisent des combats originaux qui portent, au-delà même de la contestation, les prémices d’un monde basé sur la solidarité, sur les droits universels, sur l’expression d’une démocratie directe et à partir de toutes les aspirations sociétales émancipatrices… ».

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire