Depuis dix ans un chemin migratoire passe par la frontière de Montgenèvre dans les Hautes Alpes. Ce lieu est un des miroirs de la situation des personnes migrantes qui
arrivent en France. Elles viennent par les routes des Balkans et de la Méditerranée. Elles sont parties à cause de conflits, de persécutions, de la pauvreté ou de catastrophes
climatiques. Elles souhaitent rester en France ou continuer leur chemin. Elles se heurtent aux frontières : celle matérielle, qui n’existait plus dans l’espace Schengen et
qui a été remise en place en 2015 en France et qui est défendue par la Police aux
frontières (PAF). Elles demandent l’asile : c’est un droit inscrit dans le préambule de la constitution de 1946 : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté, a le droit d’asile sur les territoires de la République ». Ou elles sont des mineures non accompagnées et doivent donc être accueillies et protégées. Ces droits ne sont pas toujours respectés car certain·es de ces exilé·es sont renvoyé·es en Italie.
Toutes les associations qui travaillent à la frontière dénoncent très régulièrement les atteintes intolérables aux droits fondamentaux dont sont victimes ces personnes, alors même que la France a été condamnée à plusieurs reprises, notamment par la Cour européenne des droits de l’homme. Plusieurs missions ont dénoncé les conditions
d’accueil inhumaines et dégradantes dans les locaux de la PAF. Lorsque leur demande d’entrée est acceptée, c’est le début d’un long parcours. Elles peuvent ne pas obtenir le statut de réfugié·es ou de mineur·es. Elles sont alors destinataires d’obligations de quitter le territoire français, rejoignant les personnes qui sont rentrées sans visa, c’est à
dire « illégalement » : elles sont alors dans une situation inextricable. Jeunes familles ou célibataires, ce sont des personnes qui souhaitent rester en France et qui, souvent, ne peuvent plus retourner chez elles. On les confine dans des lieux d’hébergement d’urgence ; elles ne peuvent pas travailler sans titre de séjour alors qu’elles pourraient le faire dans les métiers en tension. Elles ont des compétences. Elles parlent français ou
l’apprennent rapi dement. Mais on les invisibilise.
Nous défendons la liberté de circulation et d’installation : c’est un droit garanti par l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme depuis 1948. Nous nous battons juridiquement et politiquement pour que ces personnes obtiennent un titre de séjour et puissent s’installer en France.
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