28 mai 2026

Décarbonation à marche forcée ?

Macron vient de donner un coup de com sur le plan d’électrification massive annoncé le 10 avril par Lecornu. Alors que les énergies fossiles représentent encore 60 % de la consommation énergétique de la France, il s’agirait de réduire drastiquement leur part à l’horizon 2030 – moins 20 % envisagé pour le gaz. Trois secteurs sont particulièrement visés : 
● le logement : interdiction des chaudières à gaz dans les nouveaux logements collectifs (c’est déjà le cas pour les maisons individuelles) et accélération de l’installation des pompes à chaleur. Deux millions de logements HLM alimentés en gaz devraient être « reconvertis » d’ici 2050.
● le transport : soutien accru aux véhicules électriques via le leasing social et des aides ciblées pour les entreprises. L’objectif serait une production annuelle de 1 million de véhicules en France en 2030 (200 000 produites en 2025) 
● les activités économiques avec, en particulier, des mesures pour l’électrification des outils de travail des PME, artisans et commerçants. Dicté par la conjoncture liée à la guerre dans le Golfe persique plutôt qu’à une volonté de réelle transition énergétique, ce « plan » sent l’improvisation. Si l’objectif de sortir des énergies fossiles est louable, il s’agit surtout d’étouffer une colère qui grandit face à l’envolée des prix du gaz et des carburants alors que ce gouvernement refuse toujours de s’attaquer aux surprofits des compagnies pétrolières. Dans son contenu, il n’est pas sans poser questions : 
● les moyens prévus pour le mettre en œuvre passeraient de 5,5 à 10 milliards d’€ par an, en réorientant des crédits existants. Où ce gouvernement va-t-il aller chercher l’argent ?
● ce plan justifie la relance du nucléaire et néglige le nécessaire effort de sobriété et les autres sources d’énergie :  réseaux de chaleur, solaire passif... 
● Il vise à substituer l’électricité aux énergies fossiles sans rien changer aux logiques productivistes. Il ne peut y avoir de véritable transition écologique sans remettre en cause les modes de production et de consommation capitalistes et l’organisation du territoire qui en découle : Quelle place pour les transports en commun pour réduire l’usage de la voiture individuelle ? Quelle relocalisation des productions face à la circulation des marchandises ? 
● enfin, rien n’est dit de l’accompagnement des salarié·es qui seront impacté·es par ces transformations tant dans les industries concernées (automobile, filières énergétiques) que chez les artisans. Quels plans de formation et de reconversion professionnelle ? 

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