14 mai 2026

L’AUTO-ORGANISATION EN ACTES EN SERBIE ET EN UKRAINE

Le 3 mars dernier, notre réseau, avec l’Association pour l’Autogestion, le Cedetim, Cerises la Coopérative, Egalités, et l’Union Syndicale Solidaires avaient invité 2 journalistes dont J A Derens fondateur du « Courrier des Balkans » à présenter les différents aspects du mouvement social qui a secoué la Serbie au plus fort entre novembre 2024 et novembre 2025. Dans un contexte où le néo fascisme étend ces menaces dans le monde, il n’est pas inutile de débattre des exigences de justice sociale, de démocratie directe qui ont été les moteurs d’un processus révolutionnaire dans ce pays européen. Contre la corruption du régime de Vucic , pour l’Etat de droit, la Serbie se soulève fin 2024 : les universités occupées s’organisent en plenums, vastes assemblées étudiantes décisionnelles, à toutes les échelles du local au national puis en 2025, en  zbor, assemblées citoyennes par village ou par quartier dans les plus grands centres urbains. Cette tradition d’auto-organisation remonte à l’organisation de l’ex-Yougoslavie, est réactivée dans les années 2010 lors des soulèvements du « printemps des Balkans » surtout en Bosnie Herzégovine et en Serbie où déjà des plénums étaient apparus. La Serbie est soumise à une thérapie de choc néo libéral. Son président A Vucic, grand ami de Trump, Netanyahou, Meloni et Orban étend la mainmise de son parti sur sa vie économique, politique, judiciaire et culturelle du pays. Nul doute que la chute d’Orban aura des conséquences en Serbie où le les braises de la révolte couvent toujours.

Le 6 avril, le réseau a organisé une autre réunion débat sur les mouvements sociaux, citoyens et l’auto-organisation en Ukraine avec Patrick Le Tréhondat, militant autogestionnaire, membre de l’Association pour l’Autogestion et du Réseau de solidarité avec l'Ukraine France, et engagé dans la solidarité avec le peuple ukrainien. L’auto-organisation est en effet une des principales caractéristiques de cette guerre de résistance populaire et très féminisée que mène le peuple ukrainien face à l’impérialisme russe :  remise en route rapide des chemins de fer, de la production, après des bombardements russes et aussi reconversion de la production pour soutenir l’effort de guerre. Des syndicats dans plusieurs domaines mènent aussi une démarche autogestionnaire :  Dans la santé, le syndicat des infirmier·es « Sois comme Nina » revendique de pouvoir contrôler le prix des médicaments, de gérer et contrôler les hôpitaux en procédant à l’élection des directions par les personnels tout en luttant pour l’augmentation des salaires et des conditions de travail des salarié·es. Le syndicat étudiant « Prima Dia » propose la mise en place effective du contrôle étudiant dans la vie et la gestion des universités. Dans l’armée de ce pays en guerre, la question du droit syndical pour les militaires est ouvertement discutée. La 1ère confédération syndicale diffuse librement aux soldat·es le fascicule « Droits et garanties des militaires mobilisé·es et démobilisé·es. Un syndicat de militaires LGBTQIA+ défend les droits des « gays en uniforme », une association de soldates, Veteranka, lutte pour les droits des femmes militaires.

Cette démocratie sociale et politique, en actes, dans les armées apporte au combat une « efficacité militaire » reconnue -et parfois crainte - même par les états-majors ou experts occidentaux.

 

En tout 70 personnes ont participé à ces 2 débats très riches qui renforcent notre soutien concret à toutes ces expériences d’auto-organisation, débats que le réseau entend prolonger si possible avec d’autres partenaires, collectifs et associations.

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