25 mai 2026

La situation économique et sociale fait partie du champ politique : quelques éléments (AG du Réseau coopératif de Gauche Alternatif) 17 mai 2026)


 La situation économique et sociale fait partie du champ politique : quelques éléments

 

 

Un fait marquant d'actualité : après 9 ans de contre-réformes, le chômage a atteint un chiffre inégalé pour la première fois depuis 2021 : l'INSEE annonce un taux de chômage à 8,1% soit +0,7 sur un an : Macron avait justifié les réductions des droits des chômeurs et chômeuses pour atteindre le 5% avant la fin de son quinquennat : c'est donc l'échec.

Pour le gouvernement (Farandou), cette "contre performance" est liée à l’environnement économique (la crise liée à la guerre au Moyen Orient) et pour une moitié aux effets statistiques de la loi "plein emploi" (inscription à France Travail des allocataires du RSA et des jeunes).

Explications qui veulent accréditer l'idée d'une crise passagère dans une politique de l'emploi "efficace" (comme le disent les experts de la baque de France qui sont néanmoins obligés de reconnaître que la montée de  l'emploi précaire est problématique : https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200526/moins-de-chomeurs-plus-de-precaires-la-banque-de-france-salue-la-politique-de-macron).

La question du chômage et de la précarité reste centrale avec l'augmentation du sentiment de "vulnérabilité" chez les salarié.es 

A ces "explications" il nous faut opposer la situation de l'économie avec des données qui contestent la béatitude macronienne : le PIB stagne, la consommation des ménages (50% du PIB) recule. La hausse des prix est à +2,2% en avril et le revenu disponible est moindre depuis le débat de l'année ( pour mémoire, Total fait des profits records, les dividendes s'envolent...).

On commence à voir que la politique de l'offre des gouvernements Macron n'a créé aucune dynamique de croissance économique et nous mène au bord de la stagnation : la crise géopolitique actuelle agit comme un révélateur de la nocivité de cet assistanat du Capital.

La situation est d'autant plus problématique que c'est la même situation dans l'UE (voir la crise industrielle structurelle en Allemagne ; ce ne sont pas des mesures de keynésianisme militaire qui peuvent être une réponse : transformer Volkwagen en industrie de défense qui peut absorber les surcapacités).

L'UE n'arrive pas à se sortir d'une "mondialisation heureuse" qui lui a profité : elle ne mesure pas à quel point la division internationale du travail se modifie : le blocage du détroit d’Ormuz révèle la fragilité des chaînes d'approvisionnement. L'externalisation des activités industrielles nécessiterait une politique qui empêche la poursuite de la désindustrialisation : aujourd'hui avec l'accord Stellantis-BYD les usines françaises servent de sous-traitants aux entreprises chinoises.

L'UE ne fait pas de choix stratégiques, prise dans des injonctions contradictoire entre une place vassalisée dans le silo US et le besoins de maintenir des relations avec la Chine et d'autres.

Face à ces difficultés, le gouvernement maintient et renforce son choix de "conforter les champions", c'est à dires de soutenir coûte que coûte les grandes multinationales les plus profitables, celles qui ont une place dans le marché mondial (Total, LVH, CMA-CGM...).

D'où le refus des taxations, blocages des prix... toute mesures qui feraient payer les riches et les superprofits.

Ceci entraîne un durcissement des politique antisociales.

- rien sur le pouvoir d'achat : pas de coup de pouce au SMIC et inaction sur les minima de branche et sur les salaires en général, sur l’égalité femmes-hommes qui sont autant d'outils pour peser dans le sens de salaires à la hausse

- poursuite des politiques contre les plus vulnérables  (beaucoup de jeunes) : poursuite des réformes de l'indemnisation chômage malgré les études qui montrent l’inefficacité de la contrainte pour le retour à l'emploi, contrôle social accru au mépris des droits fondamentaux sous prétexte de fraude : un projet de loi prévoit la "suspension conservatoire"  de allocations en cas "d'indices sérieux" (arbitraire total de l’administration).

Au delà des économies réalisées sur le dos des plus fragiles, ces mesures sont destinées à "faire peur" aux salarié.es en emploi (qui craignent de se retrouver au chômage) et aux précaires contraints d'accepter n'importe quel emploi.

Cette montée des inégalités et ses conséquences  sont perçues - et rejetées - dans les classes populaires : il ne faut pas en déduire que ceci fait mécaniquement le jeu de la gauche sans une intervention de celle ci sur ce sujet.
Ceux d'en face ont des réponses stratégiques qui visent à étouffer le conflit de classes :

- soit le "il n'y en a pas pour tout le monde" qui conduit à accepter (favoriser) les discriminations des migrants, des étrangers qui "mangent le pain des français". Avec l'inflation et les effets sur les diverses catégories sociales cette thématique peut trouver un écho;

- le gouvernement, le capital organisent grâce à leurs médias la résignation : on ne peut rien faire pour vous, il n'y a plus d'argent, argument renforcé par le coût des la guerre.

Nous devons nous appuyer sur les sentiments populaires pour donner à voir une autre  logique qui s'appuie sur une autre vision de la société : permettre à toute et tous de vivre dignement et en particulier de leur travail sur lequel ils et elles doivent pouvoir dire leur mot.

Comment rendre possible et nécessaire un autre partage des richesses tel doit être un des axes du débat public à mener : la situation économique et sociale pose cette question, à nous de lui donner une place centrale.

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