La situation
économique et sociale fait partie du champ politique : quelques éléments
Un
fait marquant d'actualité : après 9 ans de contre-réformes, le chômage a
atteint un chiffre inégalé pour la première fois depuis 2021 : l'INSEE annonce
un taux de chômage à 8,1% soit +0,7 sur un an : Macron avait justifié les
réductions des droits des chômeurs et chômeuses pour atteindre le 5% avant la
fin de son quinquennat : c'est donc l'échec.
Pour
le gouvernement (Farandou), cette "contre performance" est liée à
l’environnement économique (la crise liée à la guerre au Moyen Orient) et pour
une moitié aux effets statistiques de la loi "plein emploi"
(inscription à France Travail des allocataires du RSA et des jeunes).
Explications
qui veulent accréditer l'idée d'une crise passagère dans une politique de
l'emploi "efficace" (comme le disent les experts de la baque de
France qui sont néanmoins obligés de reconnaître que la montée de l'emploi précaire est problématique :
https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200526/moins-de-chomeurs-plus-de-precaires-la-banque-de-france-salue-la-politique-de-macron).
La
question du chômage et de la précarité reste centrale avec l'augmentation du
sentiment de "vulnérabilité" chez les salarié.es
A
ces "explications" il nous faut opposer la situation de l'économie
avec des données qui contestent la béatitude macronienne : le PIB stagne, la
consommation des ménages (50% du PIB) recule. La hausse des prix est à +2,2% en
avril et le revenu disponible est moindre depuis le débat de l'année ( pour
mémoire, Total fait des profits records, les dividendes s'envolent...).
On
commence à voir que la politique de l'offre des gouvernements Macron n'a créé
aucune dynamique de croissance économique et nous mène au bord de la stagnation
: la crise géopolitique actuelle agit comme un révélateur de la nocivité de cet
assistanat du Capital.
La
situation est d'autant plus problématique que c'est la même situation dans l'UE
(voir la crise industrielle structurelle en Allemagne ; ce ne sont pas des
mesures de keynésianisme militaire qui peuvent être une réponse :
transformer Volkwagen en industrie de défense qui peut absorber les
surcapacités).
L'UE
n'arrive pas à se sortir d'une "mondialisation heureuse" qui lui a
profité : elle ne mesure pas à quel point la division internationale du travail
se modifie : le blocage du détroit d’Ormuz révèle la fragilité des chaînes
d'approvisionnement. L'externalisation des activités industrielles
nécessiterait une politique qui empêche la poursuite de la désindustrialisation
: aujourd'hui avec l'accord Stellantis-BYD les usines françaises servent de
sous-traitants aux entreprises chinoises.
L'UE
ne fait pas de choix stratégiques, prise dans des injonctions contradictoire
entre une place vassalisée dans le silo US et le besoins de maintenir des
relations avec la Chine et d'autres.
Face
à ces difficultés, le gouvernement maintient et renforce son choix de
"conforter les champions", c'est à dires de soutenir coûte que coûte
les grandes multinationales les plus profitables, celles qui ont une place dans
le marché mondial (Total, LVH, CMA-CGM...).
D'où
le refus des taxations, blocages des prix... toute mesures qui feraient payer
les riches et les superprofits.
Ceci
entraîne un durcissement des politique antisociales.
-
rien sur le pouvoir d'achat : pas de coup de pouce au SMIC et inaction sur les
minima de branche et sur les salaires en général, sur l’égalité femmes-hommes
qui sont autant d'outils pour peser dans le sens de salaires à la hausse
-
poursuite des politiques contre les plus vulnérables (beaucoup de jeunes) : poursuite des réformes
de l'indemnisation chômage malgré les études qui montrent l’inefficacité de la
contrainte pour le retour à l'emploi, contrôle social accru au mépris des
droits fondamentaux sous prétexte de fraude : un projet de loi prévoit la
"suspension conservatoire" de
allocations en cas "d'indices sérieux" (arbitraire total de
l’administration).
Au
delà des économies réalisées sur le dos des plus fragiles, ces mesures sont
destinées à "faire peur" aux salarié.es en emploi (qui craignent de
se retrouver au chômage) et aux précaires contraints d'accepter n'importe quel
emploi.
Cette
montée des inégalités et ses conséquences
sont perçues - et rejetées - dans les classes populaires : il ne faut
pas en déduire que ceci fait mécaniquement le jeu de la gauche sans une
intervention de celle ci sur ce sujet.
Ceux d'en face ont des réponses stratégiques qui visent à étouffer le conflit
de classes :
-
soit le "il n'y en a pas pour tout le monde" qui conduit à accepter
(favoriser) les discriminations des migrants, des étrangers qui "mangent le pain
des français". Avec l'inflation et les effets sur les diverses catégories sociales
cette thématique peut trouver un écho;
-
le gouvernement, le capital organisent grâce à leurs médias la résignation : on
ne peut rien faire pour vous, il n'y a plus d'argent, argument renforcé par le
coût des la guerre.
Nous
devons nous appuyer sur les sentiments populaires pour donner à voir une
autre logique qui s'appuie sur une autre
vision de la société : permettre à toute et tous de vivre dignement et en
particulier de leur travail sur lequel ils et elles doivent pouvoir dire leur
mot.
Comment
rendre possible et nécessaire un autre partage des richesses tel doit être un
des axes du débat public à mener : la situation économique et sociale pose
cette question, à nous de lui donner une place centrale.
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