En 2024 la gauche avait réussi, avec le Nouveau Front Populaire, à se rassembler pour faire reculer la menace néofasciste et commencer à proposer des alternatives sociales, écologiques et démocratiques : le NFP s'était immédiatement élargi à bon nombre d'associations, syndicats, réseaux et collectifs citoyens.
Aujourd’hui, au sortir des Municipales, la gauche paraît profondément divisée avec un risque de défaites, face à la menace néo-fasciste, en particulier à la Présidentielle.
Les divisions durant la campagne des Municipales ont éloigné la perspective de
l’unité et lorsque cette dernière s’est avérée nécessaire au 2nd tour pour
battre la droite et le néofascisme, elle s’est parfois réalisée dans de telles
conditions qu’elle est apparue comme un tripatouillage politicien de
circonstance.
Au sein du Parti Socialiste, les désaccords se focalisent sur l’unité avec La
France Insoumise mais en réalité ce sont la stratégie de ce parti et son
programme qui sont en question : les sociaux-libéraux (Hollande) et les
partisan·es d’une « maison commune de la gauche républicaine et écologiste »
cherchent surtout des alliances au centre-droit. Iels sont aidé·es en cela par
Place Publique qui a préféré dans les 9 listes qu’elle menait au 2nd tour,
en refusant l’unité à gauche, échouer dans 8 cas et offrir ainsi des municipalités
à la droite.
Les divisions internes au PS et le mauvais score des Écologistes rendent pour
l’instant problématique et improbable à ce jour la
tenue d’une primaire à gauche, préparée par ailleurs au sommet de façon
cartellisée sans aucune dynamique et structuration à la base.
Des listes portées par LFI, seule ou en alliance avec le NPA-A, des écolos de gauche, parfois le PCF (à contre-courant de l'orientation de Fabien Roussel), des collectifs militants locaux, ont eu un certain succès. Cela a permis aux jeunes, aux populations des quartiers populaires – notamment les populations racisées/héritières de l'immigration post-coloniale – de sortir de l’invisibilité dans laquelle la politique institutionnelle veut les enfermer. D’où la rage et la haine raciste qui ont déferlé sur ces candidat·es durant la campagne et qui se poursuivent encore.
Ce réel ancrage local diversifié viendra-t-il appuyer ou contredire l’orientation de la direction de LFI, moins radicale qu’on ne le dit sur le plan programmatique, complaisante avec le « campisme » sur le plan international et parfois substitutiste aux mouvement sociaux et sociétaux ?
De nombreuses listes citoyennes, enfin, ont confirmé une autre approche de la politique, avec parfois de bons résultats à la clé.
A l’inverse, dans le monde rural où la gauche, toutes tendances confondues, est très peu présente, les idées de l’extrême droite croissent sous l’œil bienveillant d’une droite de plus en plus décomplexée.
Les « gauches irréconciliables » n’existent que dans la tête des diviseurs·ses. C’est par le bas qu’il est possible de construire un front unique antifasciste et une unité populaire indispensables portant des propositions capables de changer réellement la vie. La gauche alternative, c’est-à-dire anticapitaliste et autogestionnaire, écologiste et féministe, antiraciste, internationaliste et altermondialiste, se mobilise pour la réussite de ces objectifs.
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