"La gauche /.../ reste faible dans sa capacité à faire entendre la voix des invisibles d'en bas et prendre en charge avec eux la défense de leurs droits ... "
La droite aurait tort de se gêner à maltraiter les pauvres : les plus précaires s’abstiennent pour moitié et presque un quart votent encore pour la gauche... les électeurs macronistes et LR sont moins de 10% et 16% pour le RN. Un quart des précaires votent pour ceux qui mènent la chasse aux pauvres !
Toutes ces droites ne courent aucun risque à poursuivre une politique économique qui fait payer les pauvres par les réformes de l'indemnisation chômage ou la loi pour le plein emploi de décembre 2023. D'autres textes sont attendus incessamment. Ils trouveront une majorité d'union des droites pour voter le Revenu universel d'activité (RUA), un nivellement par le bas des allocations avec des pertes pour nombre de personnes.
Cette politique ne se limite pas à son aspect comptable – faire les économies sur le dos des plus précaires – mais comporte aussi un dimension politique qui va vers l'autoritarisme d’État. Le régime des sanctions (suspension, suppression des allocations pour les "mauvais chercheurs d'emploi") est laissé à l'arbitraire des institutions avec l'usage d'algorithmes pour traquer les "mauvais pauvres". L'arbitraire administratif l'emporte sur les respect des droits fondamentaux : le droit des pauvres devient un pauvre droit. Ceux-ci (et plus encore celles-ci car les femmes sont largement majoritaire dans la précarité) sont considérés comme des sous-citoyens. L'atteinte aux droits fondamentaux concerne tout le monde et affaibli l’État de droit et la démocratie. La fascisation ne se réduit pas aux nervis de l'extrême droite, ni aux durcissements sécuritaires des appareils d’État. Il est aussi dans la banalisation, la légitimation de cet arbitraire qui transforme les citoyens en sujets. Le combattre avec les plus précaires c'est défendre les droits de toutes et tous.
La gauche a en partie réussi à imposer la diversité malgré les hurlements hystériques des racistes de tous poils (ministres, élus, excité-es de CNews...). Mais elle reste faible dans sa capacité à faire entendre la voix des invisibles d'en bas et prendre en charge avec eux la défense de leurs droits dans toutes les dimensions évoquées ci dessus. Jusqu'à aujourd’hui ça reste trop le monopole des organisations sociales et caritatives. La citation pour harcèlement moral du président du conseil départemental du Finistère par l'UD CGT montre que le syndicalisme commence à y prendre part. Il serait bon que ce soit repris par d'autres forces politiques syndicales et associatives construisant ainsi une alternative au RN et à ses amis.
Article publié dans le numéro 15 de notre feuille quinzomadaire (2 avril 2026)
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