C’est le 28 février - alors que des négociations étaient en cours sur la question du nucléaire entre l’Iran et les États-Unis - qu’a commencé l’agression israélo-étasunienne. Certes, le ciel était lourd de nuées menaçantes depuis des mois. Mais il n’est pas courant que l’on attaque un pays avec lequel on est en négociation… Et pourtant, ils l’ont fait ! Malgré des intérêts divergents, bien que complémentaires ; Israël est sur une logique de destruction de l’État iranien pour dominer complètement le Moyen-Orient alors que les EU cherchent à contrôler les ressources pétrolières et gazières de l'Iran dans un but de contrôle de l'économie mondiale.
Les spéculations sur les responsabilités respectives des deux agresseurs dans le déclenchement de la guerre le 28 février sont allées bon train… jusqu’à la publication, le 6 avril, d’un article du New York Times montrant clairement l’influence de Netanyahou sur Trump : le 11 février, Netanyahou était venu présenter son plan de guerre à Trump ; il a insisté sur trois points : la possibilité de détruire rapidement l'arsenal balistique iranien, un régime tant affaibli qu’il en deviendrait incapable de bloquer le détroit d’Ormuz, et enfin, une faible probabilité de voir l’Iran frapper les intérêts étasuniens. Il a aussi soulevé le renversement possible du régime islamique par la rue et son remplacement par le fils du Shah. "Ça me paraît bien", a dit Trump. Le 27 février, il a donné son accord à Netanyahou.
On sait ce qu’il est advenu du mirifique projet israélien, un foirage complet : certes, le Guide de la révolution a été assassiné dès le premier jour de l’agression, mais il a été remplacé par son fils qui était son principal conseiller ! Le même jour, l’école de filles de Minab (sud du pays) a été bombardée : au moins 175 morts dont 159 fillettes, « une erreur de ciblage » selon l’armée étasunienne… Puis, Israël a agressé le Liban : 2000 morts et un million de déplacé.es en un mois.
Le 7 avril, l’Iran et les Etats-Unis ont passé un accord de cessez-le-feu pour une durée de 15 jours, mais Israël poursuit son agression contre le Liban. Le cessez-le-feu était assorti d’une condition, l’ouverture d’une négociation irano-étasunienne. Les E-U ont proposé un plan en 15 points, immédiatement réfuté par les Iraniens qui ont proposé un contre-plan en 10 points que Washington a accepté. Il s’agit là d’une incontestable victoire diplomatique iranienne et qui montre que le régime iranien a été, de fait, renforcé par l’agression israélo-étasunienne, ce qui est dramatique pour les démocrates iraniens. Les négociations ont eu lieu le 11 avril, sans résultat positif, ce qui n’est pas une surprise, mais, c’est la première fois qu’il y a eu une négociation irano-étatsunienne de haut niveau en tête à tête depuis 1979 et les contacts continuent entre les deux pays, notamment sur la question du nucléaire iranien.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire