Suite au nouveau procès en appel du commissaire Souchi (25
février 2026 à Lyon)
Trois questions à Geneviève Legay
Le 23 mars 2019 , Geneviève Legay, présente pacifiquement
pour le droit de manifester, était agressée brutalement à Nice par une charge
policière. Cette agression a eu un grand retentissement et suscité une
mobilisation importante dans laquelle ATTAC France a joué un rôle majeur.
Geneviève était alors porte-parole départementale d'ATTAC, partie prenante des Gilets Jaunes, engagée sur le plan
féministe, écologiste et syndical, et militante d'Ensemble! Elle participe
aujourd'hui au Réseau coopératif Gauche Alternative. Les séquelles de cette
agression sont encore palpables sur le plan de sa santé.
Dans quel contexte ce procès en appel at il eu lieu ?
GL : après avoir été condamné à six mois de prison avec
sursis pour « complicité de violence par personne dépositaire de l'autorité
publique », au procès tenu en 2024 , le commissaire Souchi avait fait appel. On
s'est donc retrouvé au tribunal de Lyon le 25 février. L'enjeu restait le même
qu'en 2024 : surtout, ne pas faire de « l'affaire Legay » une question
personnelle mais porter la parole de celles et de ceux qui ont été victimes de
violences policières et qui n'ont pas pu obtenir un procès comme ce fut le cas
pour moi. Il y a deux ans, la présence de bon nombre de Gilets Jaunes dans la
salle du tribunal était significative de cet enjeu, de même que les nombreux
soutiens associatifs, syndicaux et politiques.
Que retiens-tu de ce procès ?
GL : curieusement, la cour d'appel s'est adressée à moi
juste avant ce nouveau RV, pour me dire que ma présence n'était pas obligatoire
! Et j'ai bien senti en arrivant que je n'étais pas la bienvenue ! Ce procès a
été un moment pénible. Souchi a eu un comportement infect, n'a exprimé aucun
remords, aucun regret. Il a multiplié les mensonges, par exemple en inventant
la présence de 200 personnes tout en noir, tapies dans l'ombre, au moment de
l'agression, pour mieux la justifier. Il a aussi prétendu, par le biais de son
avocat, ne m'avoir jamais vue aux manifs du 1°mai ou des Gilets Jaunes, ou que
j'aurais cherché à gagner de l'argent dans cette affaire... Un comble de sa
part, lui qui, nommé par Estrosi chef adjoint de la police municipale de Nice,
noté 7 sur 7, touche un salaire mensuel de 5900 euros brut ! Mais l'accueil à
Lyon a été très chaleureux, comme en 2024, et la collecte a bien marché,
témoignant d'une solidarité intacte. L'avocate générale a requis la même
condamnation, mais si celleci n'est pas inscrite au casier judiciaire de
Souchi, elle ne s'y opposera pas. L'affaire a été mise en délibéré le 29 juin.
Quelles perspectives, d'après toi ?
GL : en cas de condamnation confirmée, Souchi ira en
cassation. Rien n'est donc réglé, la mobilisation continue. Encore une fois, au-delà
de mon cas, il s'agira encore et toujours de mettre la lumière sur les
agressions policières, la défense des droits, des libertés et de la démocratie.
Vu le contexte actuel de menace néofasciste à Nice comme ailleurs, on a du pain
sur la planche... Le combat continue !
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