20 mars 2026

Violences policières : Trois questions à Geneviève Legay

Suite au nouveau procès en appel du commissaire Souchi (25 février 2026 à Lyon)

Trois questions à Geneviève Legay

Le 23 mars 2019 , Geneviève Legay, présente pacifiquement pour le droit de manifester, était agressée brutalement à Nice par une charge policière. Cette agression a eu un grand retentissement et suscité une mobilisation importante dans laquelle ATTAC France a joué un rôle majeur. Geneviève était alors porte-parole départementale d'ATTAC, partie prenante  des Gilets Jaunes, engagée sur le plan féministe, écologiste et syndical, et militante d'Ensemble! Elle participe aujourd'hui au Réseau coopératif Gauche Alternative. Les séquelles de cette agression sont encore palpables sur le plan de sa santé.

Dans quel contexte ce procès en appel at il eu lieu ?

GL : après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis pour « complicité de violence par personne dépositaire de l'autorité publique », au procès tenu en 2024 , le commissaire Souchi avait fait appel. On s'est donc retrouvé au tribunal de Lyon le 25 février. L'enjeu restait le même qu'en 2024 : surtout, ne pas faire de « l'affaire Legay » une question personnelle mais porter la parole de celles et de ceux qui ont été victimes de violences policières et qui n'ont pas pu obtenir un procès comme ce fut le cas pour moi. Il y a deux ans, la présence de bon nombre de Gilets Jaunes dans la salle du tribunal était significative de cet enjeu, de même que les nombreux soutiens associatifs, syndicaux et politiques.

Que retiens-tu de ce procès ?

GL : curieusement, la cour d'appel s'est adressée à moi juste avant ce nouveau RV, pour me dire que ma présence n'était pas obligatoire ! Et j'ai bien senti en arrivant que je n'étais pas la bienvenue ! Ce procès a été un moment pénible. Souchi a eu un comportement infect, n'a exprimé aucun remords, aucun regret. Il a multiplié les mensonges, par exemple en inventant la présence de 200 personnes tout en noir, tapies dans l'ombre, au moment de l'agression, pour mieux la justifier. Il a aussi prétendu, par le biais de son avocat, ne m'avoir jamais vue aux manifs du 1°mai ou des Gilets Jaunes, ou que j'aurais cherché à gagner de l'argent dans cette affaire... Un comble de sa part, lui qui, nommé par Estrosi chef adjoint de la police municipale de Nice, noté 7 sur 7, touche un salaire mensuel de 5900 euros brut ! Mais l'accueil à Lyon a été très chaleureux, comme en 2024, et la collecte a bien marché, témoignant d'une solidarité intacte. L'avocate générale a requis la même condamnation, mais si celleci n'est pas inscrite au casier judiciaire de Souchi, elle ne s'y opposera pas. L'affaire a été mise en délibéré le 29 juin.

Quelles perspectives, d'après toi ?

GL : en cas de condamnation confirmée, Souchi ira en cassation. Rien n'est donc réglé, la mobilisation continue. Encore une fois, au-delà de mon cas, il s'agira encore et toujours de mettre la lumière sur les agressions policières, la défense des droits, des libertés et de la démocratie. Vu le contexte actuel de menace néofasciste à Nice comme ailleurs, on a du pain sur la planche... Le combat continue ! 

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