Municipales : des enjeux au-delà du local
Le climat dans lequel vont se dérouler les élections municipales du 15 et 22 mars en fera un moment politique particulier : inquiétude quant au retour à grande échelle des guerres coloniales et impérialistes et à leurs conséquences, dont l’agression américano-israélienne contre l’Iran est le dernier exemple ; effets manifestes du dérèglement climatique ; multiplication des plans de licenciements ; divisions profondes d’une gauche qui ne prend toujours pas la mesure des menaces ; offensive politico-médiatique d’un néo-fascisme se pensant aux portes du pouvoir ; glissement de plus en plus évident vers une union des droites débordant sur l'extrême centre sous hégémonie du RN qui rend l'unité des forces de gauche et citoyennes plus indispensable que jamais.
Face à ces défis, l’action locale ne remplace pas la nécessité de réponses globales et à la hauteur. Mais les collectivités locales peuvent être de précieux points d’appui pour résister à l’offensive réactionnaire, faire vivre concrètement les solidarités et lutter pour l’égalité, contre le racisme et les discriminations, malgré les politiques d’étranglement financier de la droite au pouvoir (suppression de la taxe d’habitation non compensée, baisse des dotations d’État). Elles sont aussi le lieu où peut se développer au quotidien une orientation écologique digne de ce nom : gestion de l’eau et des déchets, mobilités douces et gratuité des transports, restauration de la bio-diversité, sobriété énergétique, expérimentations de la Sécurité sociale de l’alimentation…
Il faut pour cela rompre avec les pratiques verticales qui caractérisent le fonctionnement des collectivités locales marqué par une forme de « présidentialisme municipal » (rôle dominant du maire – et plus encore du président de l’intercommunalité). La mise en œuvre d’une véritable démocratie active, associant étroitement et réellement les habitant·es - au sens d'une communauté de destin - aux affaires de la Cité, est un enjeu crucial. C’est un chemin incontournable pour retisser du lien social, restaurer le bien vivre ensemble et faire la démonstration qu'on peut faire reculer les tentations autoritaires. C’est aussi la condition pour que l’action municipale soit un levier pour reprendre l’initiative politique et entamer la contre-offensive dans la perspective d'un large front antifasciste. Un signe ne trompe pas : loin des listes sans étiquette traditionnelles – le plus souvent de droite –, on assiste pour cette séquence électorale à une multiplication inédite de listes citoyennes et participatives. Avec ou sans le soutien d’organisations de gauche et de l’écologie, elles portent très souvent des exigences de démarche citoyenne - la politique n'appartient pas aux partis - et d'émancipation. Ce que certain-es appellent « communalisme » et que nous nommons « aller vers l’autogestion ».
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