Le 12 février, le « tsar des frontières » nommé par Donald Trump a annoncé le retrait de la tristement célèbre police des frontières (ICE) de la ville de Minneapolis.
Il est trop tôt pour dire si ce revirement marque un tournant décisif. Mais les ennuis politiques et juridiques de Trump se sont accumulés, et sa côte de popularité à chuté.
De nombreux-ses citoyen-nes américain-es estiment au moins que les méthodes employées par les agents d’ICE ne sont pas les bonnes. Les incohérences de la politique économique sont pointées également. La hausse des taxes sur les importations a eu comme effet de faire payer massivement les foyers les plus modestes.
Cette impopularité s’est traduite par des pertes de sièges lors d’élections partielles, alors que chez les Démocrates le choix des électeur-rices se porte souvent sur des candidat-es de l’aile gauche du parti.
Mais la principale leçon à tirer de cette séquence est que la mobilisation contre le racisme et l’autoritarisme trumpiste n’est pas seulement possible mais est potentiellement gagnante.
La ‘grève générale’ du 23 janvier en est le meilleur exemple. Les syndicats n’ont pas appelé à des arrêts de travail collectifs, mais des milliers de travailleur-ses et étudiant-es y ont participé d’une façon ou une autre et des centaines de petites entreprises ont fermé pour au moins quelques heures. La mobilisation était forte dans le secteur de la santé où travaillait Alex Pretti, la dernière en date des personnes tuées par ICE, et fut soutenue par le syndicat National Nurses United.
Pretti et Nicole Renée Good, tuée le 16 février, étaient blanc-hes. On connait moins bien les noms des autres victimes mortes lors des confrontations, comme Keith Porter, un Africain-Américain tué à Los Angeles, ou Silverio Villegas Gonzalez dans l’Illinois. Ou ceux des 35 personnes mortes en détention depuis juillet 2025.
Selon le magazine Tempest, la résistance est « multiraciale, basée dans la classe ouvrière, avec à son cœur la politique antiraciste ». Elle réunit les nombreuses communautés ethniques qui vivent ensemble dans les grands centres urbains.
Nous sommes d’accord avec les camarades du collectif Tempest (1): « Il faut abolir ICE, et réorienter radicalement les priorités de notre société. Mais ce changement ne peut venir d’en haut. Notre capacité collective à rediriger des ressources de la guerre et de l’occupation (aux États-Unis comme ailleurs) à la santé, au logement, et à l’éducation dépend des leçons qu’on peut tirer de Minneapolis. Notre plus grande force est notre capacité potentielle à organiser des grèves de masse. »
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