12 novembre 2025

ANTICOLONIALISME : VIVE LA KANAKY LIBRE !

VIVE LA KANAKY LIBRE !
Cinq militants indépendantistes kanak ont été libérés en juin après un an de détention dans des 
prisons françaises, puis enfin autorisés à rentrer au pays, comme deux autres militantes auparavant. A chaque étape de leur libération le parquet s'y est opposé – signe d’un acharnement de l'État – mais les juges en ont décidé autrement. Ils restent mis en examen et risquent de lourdes peines ; nous les soutenons comme nous soutenons le droit du peuple kanak à l’auto-détermination.
Nous avons pu les écouter lors d’un meeting organisé par le Collectif Solidarité Kanaky à Paris le 6 novembre, où ils ont décrit les conditions de leur 
arrestation, cagoulés et menottés. Le public nombreux les a chaleureusement salués. Car leur lutte est aussi la nôtre.
Ces membres du FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste) sont accusé-es
d’avoir incité et organisé les émeutes qui ont ravagé des bâtiments et détruit des commerces en mai 2024 dans les environs de Noumea. Des dizaines de milliers de Kanak y vivent dans la plus grande précarité. C’est le cas en particulier depuis la chute du prix du nickel qui est la principale ressource du pays – avec les primes salariales qui permettent à une minorité de fonctionnaires de vivre décemment et même très bien (phénomène qui existe dans d’autres territoires d’outre-mer).
L’Etat français joue en réalité le rôle de pompier pyromane. Car c’est précisément l'État, les élites non-kanak locales et quelques groupes capitalistes dominants (comme le martiniquais Hayot que les 
Antillais et Réunionnais qui luttent contre la vie chère connaissent bien) qui sont responsables de la crise. En Kanaky, les prix à la consommation sont 31% plus chers que dans l’hexagone (78%dans le secteur de l’alimentation). Le taux d’illettrisme est de 19% (majoritairement des Kanak ou des Océaniens), il y a un faible niveau de qualification et un taux élevé de chômage chez les jeunes. 
L’inégalité entre le Sud (majoritairement caldoche)
et le Nord avec les Îles Loyauté (majoritairement 
kanak), ainsi qu’entre les quartiers du Grand Noumea, est frappante.
La Nouvelle-Calédonie, c’est aussi des discriminations contre le peuple autochtone, 
comme dans toute colonie de peuplement. 
Les Kanak sont devenus minoritaires dans leur 
propre pays, suite à l’arrivée de nombreux métropolitain-es depuis les années 1960.
C’est cette situation qui est à l’origine de la crise institutionnelle – la signature puis le rejet par le principal mouvement indépendantiste du projet d’accord dit ‘de Bougival’, suivi de la ratification du troisième report des élections provinciales.

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