Par Benoît Borrits
Le même scénario se répète dans presque tous les pays. Depuis plus de quarante ans, les partis de gauche s’avèrent incapables de répondre aux principaux problèmes des classes populaires que sont le chômage de masse et des revenus du travail qui permettent difficilement de joindre les deux bouts. Une fraction significative de ces classes populaires bascule alors dans l’abstention ou en
faveur des partis d’extrême droite.
Pourtant, une solution existe. Si le marché s’avère incapable de garantir des revenus décents à tous les travailleurs, mettons hors marché une partie de la valeur de la production et répartissons-la
de façon égalitaire entre celles et ceux qui l’ont réalisée. Si le
niveau de mise hors marché est suffisant, toute personne qui participe à la production aura de quoi vivre correctement. Tel est le projet de la Sécurité économique et sociale (www.loi-ses.org).
Selon France Travail, un million d’offres d’emploi sont actuellement disponibles pour 5,6 millions de demandes. C’est ce déséquilibre qui explique ce chômage de masse récurrent qui
exclue de toute activité économique une partie significative de la population. À l’opposé, une société vivable repose sur une économie dans laquelle il y aurait structurellement plus d’offres
que de demandes afin que chaque individu puisse exercer un certain choix concernant son emploi. Il est plus acceptable humainement que des offres d’emploi soient non satisfaites plutôt que de voir des individus durablement exclus de l’activité économique.
Il nous faut donc à tout prix augmenter le nombre d’offres pour espérer venir à bout de ce chômage de masse. Un emploi est avant toute chose une activité qui permet de rémunérer correctement celui ou celle qui l’exerce. Ce « correctement » est défini par le salaire minimum qui interdit à une entreprise d’embaucher si l’activité qu’elle propose ne permet pas d’assurer celui-ci. En introduisant la Sécurité économique et sociale, ce seuil est désormais réduit grâce aux transferts interentreprises et de nombreuses activités pourront alors se concrétiser dans de
nouvelles offres d’emploi.
L’assiette de financement retenue pour cette mutualisation interentreprises est basée sur les flux de trésorerie. Ceci aura pour
incidence de réduire considérablement les besoins en capitaux des entreprises, ce qui facilitera grandement les initiatives économiques et notamment celles de l’Économie sociale et solidaire et relatives au travail autogéré.
Démarchandisation, égalité, mutualisation et décapitalisation sont les maîtres-mots de ce projet. De quoi venir à bout du chômage de masse, garantir des revenus du travail rémunérateurs et réduire les
inégalités à la source. Voilà qui permettrait à la gauche de
regagner la faveur des classes populaires et de faire reculer
définitivement les forces d’extrême droite.
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