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22 septembre 2026

Élections en Allemagne, une analyse à chaud

Par un camarade du Réseau
L'AFD (Alternativ für Deutschland) n'est pas, de loin, en capacité de prendre le pouvoir en Allemagne. Elle est en nette progression mais reste minoritaire (on y revient à propos des élections régionales de ce dimanche).  Surtout la résistance de la société à l'extrême-droite est sans commune mesure avec celle observée en France : opposition du syndicalisme, des Églises, de l'essentiel des forces politiques (y compris un large secteur de la CDU), des principaux organes de presse et de l'audiovisuel public, d'une floraison d'initiatives citoyennes (des "Omas gegen rechts" - les grand-mères contre la droite - aux secteurs antifa). 
En dernière instance le patronat favorable à une immigration "utilitaire" s'oppose aussi à l'AFD.  Cependant le discours antifasciste ("nazi=nazi" ...) n'atteint pas les larges secteurs que gagne l'extrême-droite.
Cependant la montée de l'AFD accentue la crise politique avec un vote estimé actuellement à 30%. La gauche au demeurant tres minoritaire n'est pas une alternative, la CDU très affaiblie reste le principal parti démocratique et la culture de la coalition conduit le SPD et les Verts, ensemble ou séparément, à être les supplétifs de la CDU en pointe pour la destruction de solidarités sociales.

En bref,
1/ Berlin est le cauchemar de l'AFD - ville cosmopolite, scène
culturelle florissante, gauche implantée. La Linke, qui sans mettre en sourdine sa ligne féministe et antiraciste a mené la bataille sur la question du logement (et la société des grandes sociétés immobilières) obtient 26% des voix, en nette progression. Les autres partis reculent sévérement pour le SPD et la CDU. L'AFD progresse modérément, 14% contre 10%
2/ le Mecklenburg confirme la forte influence de l'AFD en ex-RDA (hors Berlin) qui arrive en tête avec 37%, le SPD résiste à 36% mais en captant des suffrages de tous les autres partis démocratiques, la CDU passe à peine la barre des 5%.
A noter, la tête de liste SPD se situe plutôt sur une ligne d'opposition à la capitulation de la direction social-démocrate face au chancelier de droite Merz.
A noter aussi, le BSW de Sarah Wagenknecht qu'on jugeait moribond passe la barre
des 5% à Berlin comme dans le Mecklenburg. Ce parti se distingue entre autres par le refus du 'tous contre l'AFD'.

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