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12 juillet 2026
Global Justice Project : Un plan pour l'égalité et la prospérité respectueux des limites planétaires
C’est l’ambitieux projet porté par une coalition internationale de 45 économistes réunis au sein du Laboratoire sur les Inégalités Mondiales (World Inaquality Lab, WIL) et rendu public début juin sous le nom de Global Justice Project. Cette équipe – où parmi les Français on trouve des gens comme Lucas Chancel, Thomas Piketty ou Gabriel Zucman – travaille en étroite collaboration avec plus de 200 chercheurs et chercheuses à l’échelle mondiale. Ce projet se donne pour objectif de réduire drastiquement les inégalités mondiales – inégalités entre les pays et en leur sein, inégalités de genre – à l’horizon 2100 tout en préservant les conditions d’habitabilité de la planète. Les axes qui y sont développés portent sur la décarbonation rapide des activité productives, une forme de sobriété qui permette à tous les humains de vivre dignement, une réduction massive de l’empreinte matérielle des activités économiques en privilégiant des secteurs à faible empreinte (éducation, santé, culture…). Il prône aussi la convergence du revenu disponible de chaque habitant·e, quel que soit son pays, à hauteur de 5 000 € par mois ainsi qu’une réduction massive du temps de travail contraint vers mille heures de temps de travail annuel à la fin du siècle. Rappelons qu’en France la durée annuelle légale du temps de travail est encore de 1647 heures ! Un tel programme suppose une vaste politique de redistribution à l’échelle planétaire et de mettre en cause la captation des richesses par une minorité de privilégiés. Le projet propose la mise en place de nouvelles institutions financières mondiales pour dégager les moyens colossaux nécessaires à la mise en œuvre de ces orientations : Fonds Global pour la Justice alimenté par la création d’un impôt mondial sur les revenus et le patrimoine des ultra riches, Fonds Souverain Mondial visant à redistribuer 10 % du PIB mondial selon les besoins de différents pays. Le Global Justice Project ne se présente pas explicitement comme un programme anti-capitaliste. Mais c’est un travail théorique des plus précieux qui ouvre une perspective de réflexion et d’action qui manquait peut-être aux forces progressistes. Les orientations qu’il trace peuvent s’avérer particulièrement utiles au mouvement social dans une visée internationaliste et altermondialiste.
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