Il n’en aura pas fallu plus pour que les porteflingues médiatiques du capital se gargarisent en répétant en boucle « vous voyez bien que ça ne peut pas marcher sans vrais actionnaires et sans vrai patron ». Sans doute, la direction mise en place à la création de la SCOP a-t-elle pu faire des erreurs. Mais c’est vite oublier que Duralex, propriété de Saint Gobain jusqu’en 1997, a connu depuis cette date une valse de rachats et 5 procédures de règlement judiciaire en 20 ans ! C’est oublier que, dans la deuxième moitié des années 2000, l’entreprise a été pillée par son propriétaire de l’époque (machines, moules, produits finis et créances financières). Ce qui a valu au dit propriétaire une condamnation pénale pour abus de bien sociaux et banqueroute !
Les difficultés de Duralex – plus que sérieuses – ne mettent en rien le modèle coopératif en cause. Rappelons que le taux de pérennité à 5 ans est de près de 80 % pour les SCOP et SCIC, 10 % de mieux que pour les entreprises « classiques ». Cette forme d’activité économique représente plus de 4500 sociétés pour près de 95 000 emplois, en progression constante tant en nombre d’entreprises que d’effectifs employés. Si elle n’a pas la prétention de mettre fin à elle seule au capitalisme, elle donne à voir ce que pourrait être une autre logique de l’économie et des rapports sociaux, loin de la voracité des actionnaires. Et c’est bien ce qui enrage les tenants du capital et leurs relais médiatiques.
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