Devant l'arbitraire des contrôles des allocataires du RSA et les conséquences des harcèlements lors de ces contrôles, la CGT 29 a poursuivi devant le tribunal le président du conseil départemental, De Calan, et son directeur de l’emploi et de l’insertion pour harcèlement, sur la base d'une jurisprudence France Télécom qui met en cause la responsabilité pénale des sommets de la hiérarchie. La convocation devant le tribunal l'a mis dans tous ses états et, dès le soir du procès, le Conseil Départemental 29 a publié un communiqué qui reprend tous les poncifs de la droite extrême et de l'extrême droite sur l'assistanat.
Loin de justifier les procédures employées par ses services, De Calan se contente de dire qu'il a raison, qu'il fait la loi.
Loin de répondre à leurs arguments et à leurs témoignages, il s'attaque aux personnes : mise en cause de leurs droits au RSA suivant les fantasmes de la droite, mise en cause de leurs choix professionnels et de la durée au RSA.
Le CD29 livre en pâture à l'opinion les montants versés. Tout est fait pour stigmatiser les plaignant.es – et par la même occasion justifier la politique d' exclusions du RSA dans le Finistère : moins 25% d'allocataires depuis 2021! Mais comme il n'est pas sur que ça suffise, De Calan a recours au complot en indiquant que des plaignant.es sont membres d'organisations d'extrême gauche. Il cite la Confédération Paysanne (qui s'est joint à la CGT dans la procédure), sans doute pour remercier un de ses témoins, ténor de l’agrobusiness finistérien (qui subit des difficultés de recrutement au vu des conditions qu'il offre) .
Ces mesures ne sont pas la lubie d'un noblaillon, petit potentat local qui veut être le maître sur ses terres. De Calan a reçu le soutien de l’Association des Départements de France, de l’État via le préfet, de France Travail… d' Édouard Philippe (son chef) qui ne manque jamais une occasion de vouloir égaler le RN. Tout ce beau monde cautionne ou approuve De Calan.
L'enjeu de ce procès est de savoir si nous laissons le droit pour les pauvres devenir un "pauvre droit" inférieur au droit commun. Comme pour les migrants, substituer l’arbitraire administratif à l’effectivité des droits, c'est aussi contribuer à miner l’État de droit. Une vigilance s'impose, il faut faire connaître ce qui se fait là "au nom du peuple français"
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