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14 avril 2026
Kanaky : Depuis le rejet par les député-es, le 2 avril, du projet de réforme constitutionnelle, la Kanaky est plongée de nouveau dans l'incertitude. Lire la suite.
Depuis le rejet par les député-es, le 2 avril, du projet de réforme constitutionnelle, la Kanaky est plongée de nouveau dans l'incertitude. Le gouvernement tente de mettre d'accord les forces politiques indépendantistes, autonomistes et loyalistes elles-mêmes fragmentées. Une partie de la population, principalement kanak, s’enfonce dans la pauvreté, des squats se multiplient dans l’agglomération du Grand Nouméa, l’industrie du nickel (source du quart des emplois) est en crise durable, le tourisme est affecté …
Le nœud du problème est la question de l’ouverture du corps électoral spécial qui est gelé depuis l’accord de Nouméa de 1998. Pour les indépendantistes, à l'étape actuelle, c'est Non. Il ne s’agit pas de nier le principe du suffrage universel. Le droit de vote des Calédonien-nes installé-es avant 1998 et leurs descendant-es n’est pas remis en cause et le droit du sol s’appliquerait (les personnes nées sur le territoire accédant automatiquement à la citoyenneté). Mais tant que le droit à l’autodétermination du peuple colonisé ne sera pas effectif il n’est pas question de laisser dégrader les rapports de force et par conséquent pérenniser la colonisation. C’est une question de réparation d’une injustice et d’un crime (depuis 1853) mais aussi de droit international.
La Kanaky est en effet inscrite sur la liste onusienne des pays non-autonomes à décoloniser et la France considérée comme la puissance administrante. Pourtant, suite au référendum de 2021 boycotté par la grande majorité du peuple kanak, Emmanuel Macron a annoncé en 2023 une future révision constitutionnelle inscrivant le territoire « dans la République ». Puis le projet de dégel du corps électoral de 2024 a mis le feu aux poudres.
Le peuple kanak décidera de son avenir. Pour notre Réseau, le seul moyen de sortir définitivement de l’impasse est qu’il accède à la pleine souveraineté. Celle-ci est incompatible avec l’établissement d’un « État calédonien » dans la République, privé de l’essentiel des pouvoirs régaliens et dont seul-es les
résident-es français-es pourraient acquérir la nationalité. L’idée proche d'un « État associé » reste également dans sa conception un projet néocolonial. Pour son principal défenseur, Manuel Valls, cette formule permet à la « Nouvelle-Calédonie » de « [devenir]
souveraine, mais la France la protège aussi et protège … ses propres intérêts par rapport au principal prédateur du Pacifique, qui est la Chine”. Ou comme il dit dans le même entretien (Outre-Mer la 1ère, 7 avril) : « … la souveraineté pour la Nouvelle-Calédonie, qui demande à la France d’assurer ses quatre compétences régaliennes
dans un partenariat acté par les uns et les autres. »
Non à l’impérialisme français dans le Pacifique, l’Océan indien et les Caraïbes, autodétermination des peuples !
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