Le PLFSS (Projet de loi des finances de la sécurité sociale), c'est le musée des horreurs par les mesures - en faire une liste complète dépasserait le cadre de cet article - qui mettent en cause le droit à la santé. L'objectif du gouvernement est de faire participer la sécurité sociale à la baisse des dépenses publiques : il prévoit de réduire le déficit à 17,5 milliards d'euros contre 23 milliards cette année. Cette réduction reposera sur "une progression des dépenses "bien moindre" que celle des recettes".
Grand seigneur Lecornu aurait fini par accepter de ne plus geler les minima sociaux (RSA...). Mais il fait payer tout le monde, y compris les plus fragiles. Les "baisses de dépenses" sont majoritairement un transfert vers les assuré-es : tout ce qui n’est plus payé par la sécu augmente un "reste à charge" qui pèse déjà bien lourd et entraîne un moindre recours aux soins. C'est sous le prétexte que les mutuelles participeraient moins aux dépenses de santé (une contre vérité cf DREES - Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) que la ministre de la santé augmente la taxe sur les mutuelles, qui sera au final un nouvel impôt payé par les adhérents.
La progression des dépenses d'assurance maladie sera limitée à 1,6% (contre +3,4% en 2025), soit 270,4 Md€ (moins que l'augmentation naturelle et habituelle des dépenses d'Assurance maladie, liée notamment au vieillissement de la population). La presse s'est fait l'écho de la perte d'agrément qui fait que le CHU de Caen ne peut plus avoir d'internes au urgences. Mais ce n'est pas tout : des patient.es sont refusé.es et renvoyé;es vers le privé,tension majeure en psychiatrie suite notamment à la fermeture partielle de l'établissement public de santé mentale...Le PLFSS prévoit que l'Ondam hospitalier progressera de 2,4% (700 millions d'euros ): nous sommes bien loin de ce qu'il faudrait pour arrêter la dégradation des hôpitaux publics ! Combien de CHU demain connaîtront le sort de Caen ?
Les horreurs ne sont pas seulement au musée elles sont devant nous si nous en mettons pas ce PLFSS en échec !
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